Les meilleurs restaurants de jeunes chefs en France
Partout en France, une nouvelle génération de chefs bouscule les codes avec ses assiettes engagées. Découvrez notre sélection de tables où la relève est déjà à l’œuvre.
Ils n’ont pas attendu pour faire entendre leur voix : qu’ils soient autodidactes ou aient été formés dans de grandes maisons, les jeunes chefs dont nous avons sélectionné les tables y défendent une cuisine qui leur ressemble : libre, précise et créative. Du Vieux-Lille au Doubs en passant par le centre de Paris et la côte atlantique, voici les 10 adresses de jeunes chefs à suivre de près, avec leurs menus sourcés, aux influences d’ici et d’ailleurs.
Oktobre, Paris
Arrivé en tant que chef exécutif chez Kitchen Galerie Bis à 22 ans, Martin Maumet, aujourd’hui âgé de 33 ans, a racheté le restaurant de William Ledeuil en 2023. Un changement d’identité et de direction artistique plus tard est né Oktobre, dont le « K » rappelle subtilement le passé du lieu. Fortement inspiré par la cuisine fusion aux notes d’Asie du Sud-Est de son ancien associé, Martin Maumet propose une carte du marché avec des assaisonnements nets préparés avec des piments, des agrumes… Son menu en quatre services, inspiré de l’art de vivre italien, en est un parfait exemple : après un trio de hors-d’œuvre autour du végétal, de la raviole en sauce et du cru, les linguine au corail de homard, bouillon thaï et condiment roquette précèdent un merlu de ligne nacré, servi avec des cocos de Paimpol, piperade et jus de bouillabaisse relevé par un condiment citron et harissa. En dessert, le riz au lait, sa glace au grué de cacao, confiture de lait au miso et son praliné noisette sont parfaitement équilibrés. En dix ans, la formule entrée-plat-dessert de feu KGB est passée de 36 à 39 euros aujourd’hui. « Il me tient à cœur de rester accessible, surtout au déjeuner », argue le chef. Un joli coup de maître !
▶ Je veux aller au restaurant Oktobre (2 toques)

Pulpe, Lille
C’est à Paris, plus précisément à L’Astrance (4 toques), que leurs chemins se sont croisés, avant que chacun poursuive sa route auprès de grands chefs. Clémence Taillandier et Philippe Platel se sont ensuite retrouvés à Marcq-en-Barœul, au sein de l’équipe du Rozó (4 toques). C’est désormais derrière la façade vert olive de chez Pulpe, au cœur du Vieux-Lille, qu’on la retrouve en cuisine et lui en salle. Depuis mai 2024, ils déroulent une carte bistrotière aux accents asiatiques, accompagnée de quilles en majorité biologiques et biodynamiques : sashimi de thon blanc, salicorne et chili oil en guise d’amuse-bouche, chinchard à la flamme, daïkon, prune et shiso en entrée… Parmi les plats se côtoient un turbot meunière classique et un maigre au shiso, pak choï et sauce au crabe vert. Une attention est portée jusque dans les moindres détails, à l’instar du pain, fait maison tous les jours à partir de levain et de farines locales.
▶ Je veux aller au restaurant Pulpe (2 toques)
Vertfeuille, Arc-et-Senans
Élus « Jeunes Talents » en 2024, les trentenaires Léa Senot et Clément Bourdiaux ont tous deux fait leurs armes auprès de grands chefs. Ensemble, ils ont ouvert cette chaleureuse table dans un village du Doubs connu pour sa Saline royale, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Leur carte rend hommage aux classiques de la cuisine française, avec de nombreuses références au terroir franc-comtois : les tomates bio marinées sont parées de tomme du Jura, le gigot d’agneau est assaisonné d’un jus d’agneau rafraîchi au trousseau, tandis qu’une crème glacée à la faisselle jurassienne rehausse une assiette de betteraves.
▶ Je veux aller au restaurant Vertfeuille (2 toques)

Lueurs, Bouchemaine
Romain Zarazaga, désigné Grand de Demain 2025 lors du Gault&Millau Tour Centre-Val de Loire - Pays de la Loire, avait ouvert quelques semaines auparavant seulement son restaurant dans l’écrin chaleureux du château du Petit Serrant, au-dessus de la Loire. Dans cette maison intimiste d’une trentaine de couverts, un seul choix est à faire : celui de la longueur du menu (en 5, 6 ou 9 étapes). D’origine basque, le trentenaire s’est d’abord formé auprès de Franck Derouet au Clos des Sens (4 toques) de Laurent Petit, à Annecy, sa ville natale, avant de rejoindre Éric Frechon à Londres, et de revenir dans un cadre plus naturel chez Emmanuel Renaut. Sa dernière expérience avant de se lancer en solo ? La maison Troisgros (4 toques) à Ouches. Un beau parcours et un avenir tout aussi prometteur.
▶ Je veux aller au restaurant Lueurs (3 toques)
Germaine, Bayonne
Breton d’origine, Maxime Chentouf a longé la côte atlantique et atterri à Bayonne après être passé par le Saint-James à Bouliac, l’Hôtel du Palais à Biarritz, l’Hermitage à La Baule ou encore le Château de Brindos à Anglet. Chez lui, ou plutôt chez Germaine, donc, il propose un menu unique en cinq plats, qui évolue de l’amuse-bouche au dessert au gré des saisons. Le fil conducteur ? La cuisson au charbon de bois. Face à ses convives, derrière le comptoir, il travaille ainsi une panisse avec son crémeux de poivron, peperoni cruschi et pois chiche, de l’agneau marié à du melon, du shiso et du basilic, mais aussi de la butternut en dessert, associée à la pomme, au grué de cacao et à la verveine. Lauréat de la Dotation Gault&Millau en 2024, date d’ouverture de son restaurant, Maxime Chentouf continue à faire des vagues dans sa région d’adoption.
▶ Je veux aller au restaurant Germaine (2 toques)

Melba, Quissac
Élu « Jeune Talent Occitanie 2026 », le chef autodidacte de 25 ans Elouan Tréhin est en cuisine depuis seulement deux ans. Avec sa compagne Léa, en charge du service en salle et de la sommellerie, il a ouvert son restaurant en mai 2024 en lieu et place d’une ancienne quincaillerie de village, dont ils ont préservé la teinte rouge emblématique. C’est à Quissac, aux portes des Cévennes, que le couple met en avant le terroir local dans son établissement de 14 couverts. Le « Menu Piémont » fait ainsi la part belle aux moules de Sète, au pigeonneau des frères Baeza ou encore à la pêche sauvage de Méditerranée.
▶ Je veux aller au restaurant Melba (1 toque)

Symbiose, Cabourg
Depuis octobre 2023, la cuisine du chef normand Charles-Antoine Jouxtel s’accorde à la perfection à la cave que Charlotte Schwab, sommelière originaire de Provence, a construite au fil de ses rencontres avec les vignerons. Chez Symbiose, l’espace est divisé en deux expériences distinctes : le partage de petites assiettes autour des légumes, de la mer et de la terre, au bar à dégustation ; la proposition gastronomique avec deux menus en 5 et 7 actes dans la seconde salle. Si le bar à dégustation nous emmène ici et ailleurs, principalement du côté de l’Asie, avec ses cuisses de volaille croustillantes laquées au gochujang, ses nems de camembert à la menthe ou encore son tataki de thon, sésame et vinaigrette aux shiitakés, les menus « Initiation » et « Dégustation » s’ancrent plus dans le terroir local. En témoignent la poule à la crème imaginée par le chef ou le compressé de pommes façon tatin, soufflé au calvados.
▶ Je veux aller au restaurant Symbiose (2 toques)

Coup de Main, Lille
Couronné de deux toques dès sa première année, Victor Berthe, né dans une famille mi-bretonne, mi-picarde, a rencontré son futur associé et sommelier Clément Delecluse alors qu’il était manager à L’Empreinte, à Lambersart. Une seconde expérience dans le Nord après son passage au sein de la brigade du restaurant Rozó (4 toques), à Marcq-en-Barœul, où il est resté quatre ans aux côtés de Diego Delbecq et de la cheffe pâtissière Camille Pailleau. Sa cuisine est, dit-il, inspirée des recettes d’Auguste Escoffier, qu’il remet au goût du jour en y ajoutant çà et là une fermentation, par exemple. En plein Vieux-Lille, ce restaurant-cave à vins a d’ailleurs reçu en 2026 le trophée « Terroir d’exception » pour sa sélection de produits locaux.
▶ Je veux aller au restaurant Coup de Main (2 toques)
Les Singuliers, Saint-Astier
Passé par les tables franciliennes du chef Jacky Ribault, entre autres (L’Ours (2 toques) à Vincennes et Qui Plume la Lune (2 toques) à Paris), le jeune chef Louis Festa a rejoint la Dordogne en 2020 pour ouvrir, en 2022, sa propre adresse au cœur du Périgord blanc, alors qu’il avait seulement 24 ans. Au sein d’un écrin épuré, qui fait la part belle aux matériaux naturels et régionaux tels que la chaux, le bois ou encore la pierre, il met à l’honneur des producteurs et productrices locaux dans ses menus en 3, 4, 5 ou 7 étapes, avec quelques influences d’ailleurs. Cet été, la truite de Beauronne au yuzu kosho, daïkon, oseille du jardin et vinaigrette au collagène était ainsi servie façon sushi avec du riz Yumepirika, tandis que la rhubarbe était pochée dans son jus et accompagnée d’une glace et d’un biscuit à la poudre de cacahuète, thé vert matcha, et d’une extraction de rhubarbe.
▶ Je veux aller au restaurant Les Singuliers (2 toques)
La Table de Florent, Rochechouart
Chef autodidacte, Florent Linard a reçu en juin 2026 le Trophée Jeune Talent de la région Nouvelle-Aquitaine. Après une première affaire à Toulouse (le bar à vins Les Passionnés, ouvert avec David Torelli et Mickael Sauvage), il lance une seconde adresse en 2019 avec la même équipe. Six ans plus tard, c’est à Rochechouart, en Haute-Vienne, qu’il ouvre une table à son nom, qui a reçu ses deux premières toques un an après l’ouverture. Guidé par les saisons et des produits locaux d’exception, le chef définit sa cuisine comme « plutôt brute, instinctive et sans fioriture ». À découvrir dans ses trois menus, dont une proposition très honnête au déjeuner (entrée-plat-dessert à 36 euros) !
▶ Je veux aller au restaurant La Table de Florent (2 toques)
