Mardi gras, une fenêtre sur l’identité multiculturelle en Louisiane
Si l’automne puis les fêtes de fin d’année constituent les occasions prescrites pour savourer un gumbo, Mardi gras offre une autre façon de mesurer l’ancrage de ce plat dans les traditions louisianaises.
Reconnue dans le monde entier pour les parades extravagantes qui enflamment La Nouvelle-Orléans, cette célébration colorée se vit aussi en Acadiane, la région qui entoure Lafayette. Ici, on enfile des costumes de fête pour prendre part à ce que l’on appelle des « courirs ». Objectif : partir à l’assaut de la campagne du pays cajun à cheval et en camion afin de quémander aux habitants les ingrédients d’un gumbo. Dans la paroisse Saint-Martin, ce sont les enfants qui se lancent dans une ambiance conviviale et musicale. En bout de course, la dégustation du ragoût se déroule dans une ferveur populaire, autour d’une même table partagée par petits et grands festivaliers en compagnie des spectateurs. De la même manière qu’un gumbo est une superposition des diverses origines de la Louisiane, les célébrations de Mardi gras sont à l’image de l'identité multiculturelle de l’État américain.

Qu’elles soient espagnoles, françaises, cajuns, créoles ou afro-américaines, chaque ville, chaque quartier fêtent ce rendez-vous sur plusieurs semaines. Le jour de Mardi gras ponctue en grande pompe les festivités, une quarantaine de jours avant Pâques. Partout en Louisiane, les localités se retrouvent dans un moment de partage quand vient l’heure de mordre dans un king cake ou gâteau des rois. Une gourmandise à ne pas confondre avec le dessert de l’Épiphanie en France. En Louisiane, il s’agit d’un gâteau rond, modelé avec une pâte tressée, fourrée à la cannelle et recouvert de glaçage coloré. À l’intérieur, on y trouve un petit bébé en plastique, sorte de fève symbolisant la chance. Celui qui le trouve doit acheter le king cake suivant, sinon organiser la prochaine fête…