L'événement de l'année dans la sphère des winstubs est la réouverture du Coin des Pucelles. Alexis Albrecht du Vieux Couvent à Rhinau et son cousin ont repris cette maison emblématique pour la restaurer avec beaucoup de passion. Ils ont réussi leur pari, rafraîchir son décor sans porter atteinte à son âme. Tout a été étudié jusque dans le moindre détail : la chaleur des boiseries, la suavité des éclairages, la netteté du décor. Les bouquets de fleurs et les bougies participent de l'atmosphère apaisante, intime et si particulière. Quant au service, il est aux petits soins, aux antipodes des winstubs commerciales des quartiers touristiques. Les plats canailles ont laissé la place à une cuisine de bistrot éclairée et à des spécialités alsaciennes revisitées avec brio. Les œufs mimosa, un modèle du genre avec truite et œufs de brochet fumés, sont accompagnés d'une mâche à grandes feuilles. Amateurs de plats de ménage, nous nous sommes régalés de fleischnakas revisitées au chevreuil, servies dans un bouillon réduit par cryoconcentration. Plat fétiche des ménagères alsaciennes, la bouchée à la reine est servie avec un feuilletage pur beurre et des spätzle aux herbes. Le soir de notre visite, l'aumônière de poires d'Alsace, avec une crème pâtissière au chocolat, n'était plus disponible ; nous avons opté pour le classique moelleux au chocolat et son sorbet aux poires. Servie tiède, la tarte aux pommes de qualité boulangère est faite à la manière alsacienne, avec un flan. On accompagne le tout de vins au verre conseillés par Pierre Ohmann. Le Coin des Pucelles, un coin caché, mais une adresse qui ne restera pas longtemps confidentielle, notre coup de cœur de l'année.