Depuis l’arrivée de Valentin Jozeleau en 2020, ce bistrot du quartier Robertsau connaît un nouvel élan. Ce chef, formé dans de grandes maisons, dont Gilles Goujon, maîtrise les fondamentaux de la cuisine de bistrot. On aime le pâté en croûte du Père Joze, servi en demi-tranche, élaboré avec du gibier et du foie gras, une gelée au goût puissant et de texture tremblotante à souhait. Proposées en entrée, les saint-jacques, généreusement servies en duo, sont fraîches et bien épaisses, à peine snackées, et l’huile d’argan est bien dosée. Le point fort du repas est cet admirable pavé de maigre de niveau 14/20, hélas déclassé par l’absence de sauce et un accompagnement de chou-fleur un brin austère. On finit en beauté avec le baba à la mie filante, imbibé de rhum et escorté de crème, tous les deux enrichis de vanille de Madagascar. Des points à améliorer ? Au moment de la réservation, on ne sait pas dans quel espace on sera placé, or le ressenti peut-être diamétralement différent : la salle principale, cœur du bistrot, peinte en rouge et chaleureuse, est de loin préférable à la salle annexe, certes au plafond haut, mais marquée par les courants d’air l’hiver. Très belle cave comprenant des vins de plaisir, également proposés au verre. Vincent Jozeleau a été remplacé à la fin de l'année 2024 par son ancien second, Nicolas Perez.