Entre l'Étoile et la place des États-Unis, Pages a pris le créneau convoité des tables d'affaires discrètes et fonctionnelles. Ryuji Teshima connaît bien l'exigence des cols blancs de ce quartier très chic et mène sa brigade dans une excellence contrôlée. Sans prise de risque majeure, à quatre pour six plats qui se répètent (deux de plus le soir) et une dizaine de couverts, en déroulant le catalogue de ce que le public attend (carotte gingembre, betterave anguille, topinambour, avec sphérification et cromesquis par exemple, sur les mises en bouche). La belle affaire est au déjeuner à 75 € et quatre plats, pour avoir une bonne idée de ce qui se trame ici, des ingrédients bien mariés et une production contrôlée évitant la surprise, sauf peut-être sur le salsifis homard et sa bisque bien réduite, une entrée rustique-raffinée et intéressante. La jolie sauce calvados compense la banalité du cabillaud vapeur basse température, la belle qualité du veau et la précision de la cuisson donnant la même impression avec la purée de céleri et le condiment cacahuète, avant un aimable dessert châtaigne bergamote. Cave d'allure classique, mais pas si neutre, avec quelques prix intéressants sur les belles étiquettes, bien conseillée par l'impeccable directeur de salle Pierre-Alexandre Fouquet, qui échange avec les clients en s'accroupissant à hauteur d'assiette comme pour parler aux enfants.