Une entrée discrète par une jolie cour égayée d'un soupçon de verdure…un ascenseur qui vous propulse au 6ème étage…Il vous reste alors à pleinement apprécier le confort des fauteuils et banquettes, l'élégance sans tapage d'une salle qui prend une autre dimension encore lorsque la lumière du jour s'y engouffre sans retenue et que vous pouvez alors admirer le jardin suspendu et les toits de la ville (évitez la table juste à côté de l'entrée de la terrasse). Dans les cuisines vitrées, la brigade est en ordre de marche pour exécuter une partition classique, rassurante mais nullement ronronnante. Frédéric Vardon n'est en effet pas homme à courir après les tendances du moment. On peut ainsi débuter par les " macaroni juste gratinés ", morilles et comté millésimé. On se laisse séduire de manière consentie par cette association magique, qui plus est lorsqu'elle est techniquement parfaitement maîtrisée. Au gré du marché, le " poisson de pêche durable " n'a guère besoin d'artifices pour briller : de jolies coques incisives de fraîcheur lui suffisent. Aussi, la pomme de terre servie en toutes petites billes semble moins convaincante. Le repas s'achève alors tranquillement, sans redouter les secousses telluriques, avec un soufflé praliné-noisettes conforme aux standards de l'académie. Le service est aimable et vif. La carte des vins, bien présentée, inspire confiance. Le spectre est large, y compris tarifaire, entre un chignin-bergeron du domaine Ravier au Pétrus, millésime 2012.