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Le Grand Marnier doit en partie son succès à ce palace parisien

Le Grand Marnier doit en partie son succès à ce palace parisien

Connu comme l’alcool phare dans la préparation des crêpes Suzette, le Grand Marnier n’a pourtant pas été imaginé dans ce but. Voici son histoire.

Florine Amenta

Avec sa bouteille marron et son cordon rouge, le Grand Marnier est immédiatement reconnaissable. Créée en 1880 par Louis-Alexandre Marnier-Lapostolle, gendre de la famille Marnier, cette liqueur n’était pourtant pas destinée à un grand succès immédiat. Proposée dans les bars du monde entier entre la fin du XIXe siècle et le début de la Première Guerre mondiale, elle séduit une clientèle curieuse, sans pour autant s’imposer. Jusqu’au jour où son nom change.

La mixologie avant la gastronomie 

L’origine du nom est liée à une amitié marquante : celle entre Louis-Alexandre Marnier-Lapostolle et César Ritz, fondateur du prestigieux Ritz Paris. Géraud de La Noue, président de Campari France — groupe italien possédant entre autres la marque Grand Marnier, Aperol ou encore Skyy — raconte : “ Tous les deux étaient meilleurs amis. La liqueur s’appelait à l’époque “Marnier”. Mais César Ritz dit à Louis-Alexandre : “Ta liqueur, tu devrais l’appeler “Le Grand Marnier”, parce que c’est très grand et très bon !””. Le début du succès remonte à ce moment-là, en plus d’une saga publicitaire colossale. “C'est une marque qui a fait travailler beaucoup d’affichistes, de designers.” 

À l’origine, le Grand Marnier est conçu pour la mixologie. Louis-Alexandre Marnier-Lapostolle l’a imaginé pour la création de cocktails. “Le Grand Marnier est une liqueur qui, n'est pas un triple sec, contrairement à ses concurrents directs. L’idée de génie de son fondateur a été de se dire que le triple sec est trop sec et qu’il n'apporte pas suffisamment de longueur en bouche. Il a donc voulu améliorer les qualités organoleptiques d’un triple sec en y mettant du cognac”, détaille Géraud de La Noue.

Le Grand Marnier Cordon Rouge est ainsi né : un mélange de cognac et de liqueur d’orange. “Cela permet, dans les cocktails, d’en verser moins qu’un triple sec. Et le cognac est un exhausteur de goût qui fait durer le goût de l'orange, offrant une rémanence bien plus marquée que celle d’un triple sec classique.

Ingrédient phare des pâtissiers

À la charnière des XIXe et XXe siècles, la liqueur de fruits connaît un âge d’or. À l’époque, l’unique alcool fort dominant était l’absinthe, interdite plus tard pour des raisons de santé publique. La liqueur devient alors l’alcool mondain et féminin par excellence : un subtil mélange d’alcool et de sucre.

Mais dans les cuisines des plus grands établissements français, les chefs font un constat : “puisqu'il y a cette incroyable rémanence lorsqu’on fait un cocktail avec le Grand Marnier, pourquoi ne pas l'utiliser en pâtisserie où l’on en a d’autant plus besoin, car lors de la cuisson de notre préparation, l'alcool a tendance à s'évaporer”, raconte le président de Campari France. La célèbre liqueur devient alors un ingrédient de pâtisserie, utilisé dans les soufflés ou dans les crêpes Suzette. Le Grand Marnier disparaît ainsi lentement des bars français. 

Pendant ce temps, aux États-Unis, les cocktails gagnent en popularité. Après la Seconde Guerre mondiale, la famille Marnier décide d’orienter son développement vers le marché américain. Là-bas, les consommateurs adoptent rapidement la liqueur d’orange dans l’un de leurs cocktails favoris : la margarita. Géraud de La Noue sourit : “Ils sont fans de margarita faite au Grand Marnier parce que la présence de cognac est un exhausteur de goût. Les Américains représentent ainsi les clients numéro un de la marque. 

Une marque historique 

Depuis 1880, la forme de la bouteille du Grand Marnier n’a pas changé. “C’est celle de l'alambic charentais. Car selon les puristes, cette forme-là permet de conserver un maximum d’arômes et de fragrances du cognac.” La liqueur se compose d'écorces d'oranges, majoritairement d’Haïti, “qui sont séchées pendant plus de quatre ans, explique le dirigeant. Elles sont ensuite réhydratées dans de l’alcool ou du cognac, ce qui donne un distillat, ensuite distillé.” 

Aujourd’hui, la distillation se fait à Bourg-Charente, dans le Sud-Ouest. L’assemblage final et l’embouteillage, eux, sont réalisés à Aubevoye, en Normandie. Auparavant, ces étapes se déroulaient à Neauphle-le-Château, dans les Yvelines. Mais dans les années 1980-1990, l’entreprise a dû déménager pour des raisons de sécurité. “Avec les réglementations sur le transport et le stockage d'alcool, il n’était pas recommandé d'avoir ce type de sites dans des zones urbaines, habitées. Par ailleurs, en cas d’incendie, précise le président de Campari France.

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