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Ces hôtels ayant servi de décor à des séries ou films cultes

Ces hôtels ayant servi de décor à des séries ou films cultes

Oubliez le pop-corn, passez de l’autre côté de l’objectif. De la Riviera aux palais parisiens, ces adresses occupent le premier rôle. Une sélection pour vivre vos scènes cultes en version cinq étoiles, le générique en moins.

Christine Robalo

Franchir le seuil d'un hall de palace, c'est parfois ressentir un étrange frisson de déjà-vu. Ce n'est pas une illusion d'optique, mais le souvenir d'une pellicule qui a imprégné les murs. Certains établissements possèdent une aura si cinématographique qu'ils finissent par voler la vedette aux acteurs. On ne vient plus seulement pour le confort d'une suite, mais pour marcher dans les pas d'une héroïne de série ou d'un espion en smoking, là où chaque recoin semble attendre le prochain "Action !".

Relais & Châteaux Baumanière aux Baux-de-Provence

Baumanière c’est un peu l’ancrage originel du chic provençal, là où la pierre blanche des Baux semble avoir été taillée pour accrocher la lumière des projecteurs. Fondé par Raymond Thuilier, ce domaine de 20 hectares est une enclave où les oliviers et les grands ifs servent de figurants de luxe à cinq bâtisses de caractère. Le cinéma y a ses habitudes, et pour cause. En 1956, pour La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, Vincente Minnelli cherchait l'âme de la Provence : il a trouvé Kirk Douglas se débattant avec ses démons sur les terrasses de l'Oustau, sous un soleil de plomb qui ne pardonnait aucune fausse note au Technicolor. Cinq ans plus tard, l’ambiance change radicalement : Georges Lautner y pose ses rails pour Le Monocle Noir. On y voit Paul Meurisse, l’air souverainement ennuyé, transformer le domaine en repaire d'espionnage. Quant à Charlotte Rampling, elle y baladait son regard magnétique en 1974 pour Caravan to Vaccarès. Les 53 chambres, décorées avec un goût qui ferait passer n'importe quel décorateur de plateau pour un amateur, mêlent meubles chinés à l'Isle-sur-la-Sorgue et design contemporain. Un luxe qui a l'élégance de ne pas en faire trop.

Beaumanière Piscine © Dr© DR

Le Grand Hôtel Cabourg MGallery en Normandie

Inscrit aux Monuments Historiques, l'établissement cultive une authenticité « dans son jus » qui affole les directeurs de casting. Dominant la grande plage depuis 1907, cette institution affiche 71 chambres au décor feutré qui réussit le grand écart entre l'esprit Belle Époque et une touche contemporaine. Pour les chanceux, le réveil se fait sur un balcon avec une vue imprenable sur l’English Channel, là où la lumière changeante de la côte normande semble avoir été inventée pour le Technicolor. À la réception de ce paquebot, les voyageurs se séparent d'ailleurs en deux camps : les « proustiens », venus occuper la chambre 414 où l'auteur de La Recherche s'enfermait pour rédiger ses sept tomes, et les fans d'Omar Sy. Depuis le triomphe d’Intouchables, la table du restaurant face à la mer, où François Cluzet redécouvrait l’amour sous six mètres de plafond, est devenue l'autre pèlerinage du cinq-étoiles. Bien avant ce carton, le palace fut le théâtre complice des premiers émois de Vic dans La Boum, avec Mathieu, alors stagiaire au room service. 

Le Grand Hôtel Cabourg © Dr© DR

Le Carlton a Regent Hotel à Cannes

Dominant la Croisette avec une insolence toute balnéaire, le Carlton est le quartier général du septième art depuis qu’il a accueilli les premiers journalistes du Festival en 1946. Ici, chaque mètre carré de marbre semble avoir été le témoin d'un contrat signé sur un coin de table ou d'un baiser volé sous l'œil d'une caméra. Après sept ans de travaux, l’icône cannoise s'est offert une cure de jouvence signée Tristan Auer, ajoutant deux ailes neuves, un jardin méditerranéen et une piscine à débordement à ses façades classées. Les 332 chambres et suites jouent désormais la carte d’un raffinement épuré, loin du clinquant. Le véritable fantôme des lieux reste Alfred Hitchcock. En 1955, le maître du suspense investissait le palace pour La Main au Collet, transformant la chambre 623 en décor d'une romance électrique entre Cary Grant et une Grace Kelly plus lumineuse que jamais. Aujourd'hui, on peut s'offrir un plan-séquence privé dans la suite "Grace Kelly", la plus prisée du palace, ou dans la démesure de la suite "Sean Connery" et ses 380 m² avec ascenseur privé. On y vit entre l’héritage des présidents de jury et la modernité d'une table anatolienne chez Rüya, avant de finir la journée les pieds dans le sable au Beach Club. 

  • Où ? 58 Boulevard de la Croisette, 06414 Cannes
  • Je veux aller au Carlton

Carlton ©  Amaury Laparra© Amaury Laparra

Grand-Hôtel du Cap-Ferrat

Il suffit parfois d'une paire d'escarpins et d'une caméra pour bousculer les habitudes d'un palace séculaire. Lorsque la saison 2 de la série phénomène Emily in Paris a posé ses valises au Grand-Hôtel du Cap-Ferrat, le groupe Four Seasons a immédiatement saisi la balle au bond en lançant une visite calquée sur l'escapade azuréenne de l'héroïne et de ses amies. Bentley à la sortie de l’avion, expédition shopping à Monaco sous l'aile d'un personal shopper et soins de beauté en cabana : la panoplie complète de l'Américaine en goguette a fait un véritable carton. Si l'offre n'est plus officiellement en ligne, le personnel s'active toujours en coulisses pour monter ces expériences sur mesure. La demande ne faiblit pas, portée par une clientèle impatiente de transposer la fiction dans la réalité. À l'écran, on redécouvre ce paquebot de légende immaculé, où la décoration signée Pierre-Yves Rochon magnifie le blanc cassé et le marbre, capturant cette lumière si particulière de la presqu'île. Les fans reconnaîtront sans peine la piscine iconique du Club Dauphin, au milieu des pins parasols et de plantes exotiques, où Emily et ses complices sirotent leurs cocktails face à l'horizon. Les chambres, aux volumes généreux et à l'élégance sobre, sont prolongées par des terrasses où le bleu de la Méditerranée s'invite au petit-déjeuner.

Le Meurice à Paris

Premier-né des palaces parisiens en 1835, Le Meurice est un lieu où l'on finit par perdre ses repères. Sous les moulures, l’ombre de Salvador Dalí, qui y avait ses quartiers, semble encore flotter près de celle de Zola. Le cinéma y a naturellement élu domicile. En 2011, Woody Allen y installait sa caméra pour Minuit à Paris. On y suit Owen Wilson dans un vertige nocturne où l'on croise Picasso ou Fitzgerald au détour d'un couloir. Mais les murs du Meurice portent aussi des souvenirs plus graves. En 2014, le film Diplomatie y reconstituait le face-à-face historique entre le général Von Choltitz et le consul de Suède, sauvant la capitale de la destruction en août 1944. Aujourd'hui, la patte de Philippe Starck a bousculé le faste Grand Siècle. On s'attable chez Alain Ducasse pour un festin avant de s'éclipser vers le Bar 228, là où le jazz accompagne les confidences depuis des décennies. 

  • Où ? 228, rue de Rivoli, 75001 Paris
  • Je veux aller au Meurice

Le Meurice © Dr© DR

Hôtel Barrière Le Normandy à Deauville

Depuis 1912, cette silhouette anglo-normande aux colombages et tourelles pittoresques qui domine la plage est le décor d'une idylle qui a fait le tour du monde. En 1966, Claude Lelouch y posait sa caméra pour Un homme et une femme, Palme d’or et doublement oscarisé. On y revoit Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée dans la célèbre suite 401, rebaptisée depuis du nom du film, scellant pour l'éternité le lien entre l’établissement et le septième art. Entre ses murs, les époques se croisent : de l'ouverture de la première boutique de Coco Chanel à l'arrivée de Brad Pitt pour le Festival du cinéma américain. Récemment rénové, ce bijou de patrimoine a retrouvé son éclat d'antan tout en préservant son âme de maison de maître. On vient ici pour le charme des toits en ardoise et cette atmosphère de parenthèse enchantée, là où chaque recoin semble encore murmurer le célèbre "chabadabada" qui continue de faire rayonner Deauville à l'international.

Hôtel Barrière Le Normandy © Dr© DR

Château de la Chèvre d’Or à Èze

Entre Nice et Monaco, perché à 430 mètres d’altitude sur son nid d’aigle, ce joyau d’Èze, restaurant en 1953, s'est transformé en un labyrinthe de luxe où les 45 chambres, au nom d'illustres habitués comme Cocteau ou Nietzsche, se cachent au détour des ruelles pavées du village médiéval. Le septième art y trouve un décor hors du temps. En 2007, Rob Reiner y posait ses caméras pour The Bucket List (Sans plus attendre). On y suit Jack Nicholson et Morgan Freeman dans leur odyssée ultime, s'offrant une escale face au bleu de la Méditerranée après avoir chassé le lion en Tanzanie ou admiré le Taj Mahal. Plus récemment, c'est le duo Demi Moore et Alec Baldwin qui investissait les lieux pour le film Blind. Entre les sculptures animalières des jardins et l'opulence des marbres, l'hôtel, membre Relais & Châteaux, cultive une atmosphère à la Alice au pays des merveilles, où chaque escalier mène à une terrasse suspendue.

Château De La Chèvre D’or À Èze @ Dr© DR

Les Rives de Notre-Dame à Paris

C’est ici, dans l'ancien Hôtel de Suède, que Jean-Luc Godard a posé sa caméra en 1959 pour À bout de souffle. Le cinéma s'y souvient d'un Jean-Paul Belmondo fumant au lit, entre deux répliques, face à une Jean Seberg qui cherche la vérité dans la fumée des cigarettes. Si la minuscule chambre 12 du film a disparu lors des restructurations, l’âme de cette demeure du XVIIᵉ siècle, posée face à la Seine, reste intacte. Entièrement métamorphosé en 2022, l'établissement a troqué son décor de refuge de fortune pour celui d'un appartement parisien feutré 4 étoiles. Chaque chambre y est désormais unique, pensée pour offrir un confort que Michel Poiccard n'aurait sans doute pas renié entre deux cavales. Idéalement situé face à l'Île de la Cité, à quelques enjambées du jardin du Luxembourg et de la Sorbonne, l'hôtel cultive une intimité rare au cœur du tumulte de Saint-Michel. Aujourd'hui, on ne vient plus y chercher une planque, mais une vue imprenable sur les tours de Notre-Dame et les toits de l'Île Saint-Louis. 

Les Rives De Notre Dame Hotel © Dr© DR

L'Hôtel de Paris à Monte-Carlo

Sur la place du Casino, le temps semble s'être arrêté un soir de victoire au baccara. Inauguré en 1864, ce palace n'est pas seulement le centre de gravité de Monaco, c'est le quartier général des icônes en smoking et des duels de légende. C’est ici, au comptoir du Bar Américain, que la mythologie du petit écran a scellé une rencontre historique en 1971. Après une course-poursuite mémorable depuis Nice, Lord Brett Sinclair (Roger Moore) et Danny Wilde (Tony Curtis) s'y jaugeaient pour la première fois dans le pilote d'Amicalement vôtre. Plus récemment, en 2010, le palace servait de décor aux stratagèmes de Romain Duris dans L'Arnacœur. On y suit ses tentatives de séduction pour faire chavirer Vanessa Paradis, utilisant le faste des suites et des terrasses comme complices d'une romance à haute tension.

Aujourd'hui, l'établissement a conservé cette aura de prestige après des travaux pharaoniques. Si les façades Belle Époque demeurent immuables, les chambres et suites, comme la spectaculaire suite Princesse Grace, déploient marbre blanc et bois précieux. On s'attable au Louis XV d'Alain Ducasse, avant de retrouver le cuir des fauteuils du bar où le jazz accompagne les confidences. 

Hôtel De Paris © Dr© DR

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