Confortablement installé dans les moelleux fauteuils, face à la verdure, on se laisse volontiers porter par les propositions de Loïc Villemin. Après une explication du directeur de salle sur le déroulement du repas et une lecture approfondie des deux cartes des vins, une pour le blanc et l'autre pour le rouge, les amateurs de surprise sont aux anges, même si la clientèle adulte et avisée aimerait pouvoir choisir son repas et sa bouteille en connaissance de cause. De délicates mises en bouche, nombreuses, dont l'œuf meurette revisité servi dans sa coquille, et les multiples mises en scène, comme la présentation du pain de campagne au levain, farine de blé et seigle accompagné d'un beurre de vaches jersiaises, situent l'expérience. On aborde avec confiance les ravioles de betterave et fruits rouges du jardin de différentes textures, de la douceur à l'acidité ; suit du thon blanc de ligne en ikéjimé, confit et rôti, courgette glacée d'une sauce pilpil, pickles de concombre, beurre blanc parfumé à l'huile de verveine, pour la viande de l'agneau du Quercy avec la selle rôtie et lustrée d'un vinaigre de miel, du gigot poché dans un lait d'amandes et du filet mignon juste laqué, les trois morceaux accompagnés de deux condiments de jus d'agneau et d'une tartelette agneau-confit, oignon, olives noires. Le repas se termine par deux desserts de saison : la pêche, crème glacée à la bière Bergamia puis l'abricot poché, meringue glacée à la reine des prés. Epaulant un personnel des plus aimables, le chef vient aussi présenter ses œuvres, issues pour la plupart de producteurs locaux, les desserts montrant pour leur part un peu moins de gourmandise.