Qui eût pu imaginer autant de chaleur dans cette pierre habillant le comptoir et le sol d’une nudité brute, ces briques sombres presque austères et cette impression générale de vide, que pourtant, Romain Mahi et Ayumi Sugiyama parviennent si aisément à combler. C’est en fait un exercice d’équilibre, qui introduit la cuisine très personnelle et vivante du chef, exposant des miniatures de terroir, des compositions réduites et très denses, qui se vivent en profondeur. Les impressions sont toujours assez longues, dans l’intensité des sauces et la complexité des textures, un risotto de tapioca et salicornes, merlu, pommes vertes, pressé de cresson, un homard bleu farci, canard et foie gras, oignons, sabayon homard et corail, feuilles d’asperges et tuile de riz, un terre-mer de saumon sauvage et cecina de bœuf, beurre blanc fumé, ballotine de pommes de terre rattes et citron confit, d’une très grande finesse et d’une précision remarquable sur les cuissons, la poularde et une raviole d’anguille et gorgonzola, morilles et écrasé de fruits noirs. Les desserts sont réalisés par Ayumi, notamment son plat signature, la boule de sucre, romarin et citron, noix de cajou caramélisées, myrtilles et pomelo. Très belle cave également, avec une sélection resserrée et pointue, incluant des vieux millésimes, des sakés et des vins étrangers. La céramique est également signée Romain Mahi et Ayumi Sugiyama.