Johan Thyriot sait ce qu'il a à faire : être lui-même, développer sa personnalité et sa signature, dans cette maison de la campagne montilienne où se sont succédé tant de bons chefs. Petit à petit il impose son style, fédère ses équipes autour du projet, transmet le bon message à une salle dévouée et très appliquée. Dans les présentations, les idées, les mises en scène, on retrouve cette patte racée, curieuse et même parfois ludique (l'assiette "cassée" en trois morceaux pour la mise en bouche châtaigne et chanterelle). On aime sa précision et son imagination pour traiter le produit de diverses façons : la saint-jacques en carpaccio à la truffe, en chapelure panko, grillée aux trompettes, comme le homard, avec sa réduction de têtes et wasabi, en bisque avec le céleri purée et rémoulade, en pince également céleri et raifort, montrent que les années normandes du chef, comme ses voyages au Japon, ont nourri ses connaissances et sa créativité. Le saint-pierre et sparassis crépu, également avec son pendant à cru et une délicate sauce noix, comme le gourmand perdreau pattes rouges aux salsifis, bénéficient de la même attention. Les détails sont soignés, des mises en bouche aux mignardises, en passant par la focaccia moelleuse et la brioche croustillante permettant d'apprécier l'huile d'olive maison. Honnête dessert topinambour du nouveau pâtissier Christophe, cave de 850 références, dont les vins du domaine et un choix plutôt classique, avec quelques forces et quelques faiblesses, certains prix attractifs et d'autres moins, reprise en mains depuis quelque temps par un nouveau sommelier, néanmoins missionné pour promouvoir prioritairement les vins du domaine.