Camille et Frédéric Lorimier ont façonné leur table comme une véritable traversée, une expérience qui se vit de la première bouchée jusqu'au dernier éclat sucré. Dès l'accueil, l'atmosphère est claire : précision, élégance, mais aussi chaleur. Le pain rond, servi chaud et croustillant, et le beurre roulé en spirale parfaite, toujours proposés en abondance, deviennent les fils rouges du repas, compagnons généreux et rassurants. Chaque assiette arrive comme un chapitre, accompagnée d'un excédent de sauce servi à part, que le convive peut doser à sa guise. Ce choix traduit une vraie confiance et une volonté de partager plus qu'un plat. La tomate cœur de bœuf sculptée en rose glacée en est un exemple frappant : la glace fond sous le nappage soyeux d'une crème fouettée acidulée que l'on verse soi-même, entre fraîcheur et douceur saline. Vient ensuite la lisette, iodée et puissante, dont la force se marie au sucre dense de la figue et au piquant des graines de moutarde, avant de s'apaiser dans une glace végétale à la feuille de figuier. Le rouget flambé s'exprime en intensité, adouci par un sabayon acidulé à la sauge, quand le pigeonneau, rosé et croustillant, trouve l'équilibre parfait avec le maïs crémeux et les grains brûlés au goût fumé. La cave, riche et affûtée, prolonge l'expérience avec cohérence. Une histoire de feu, de saison et de générosité, proposée à partir de 145 €.