Les temps sont compliqués pour la profession, obligée de jongler entre le manque de personnel et les fluctuations de la clientèle. Ainsi avons-nous noté dans la prestation offerte par l'excellent Patrick Fréchin, sinon de la lassitude, du moins quelques boulons à resserrer. En cuisine où il assure seul le service pour la vingtaine de couverts présente l'autre jour, comme dans la salle où le personnel, aimable et dévoué, se trouve assez vite débordé. Les assiettes sont néanmoins travaillées par un pro, de bon niveau : avec la petite rouelle de foie gras et homard (un peu superflu) accompagnés d'un tartare de poire et cosse de pois, l'asperge verte en deux textures, rôtie et mousseline, et encore du homard, le turbot, le plus beau plat du repas, caressé par une émulsion de pommes de terre truffée, le médaillon de veau manquant de cuisson et son jus à la diable, pommes soufflées, en terminant par le blanc manger, fraises amaretto. Carte des vins assez vaste, s'intéressant au bio et à la biodynamie.