Est-ce le nouveau décor qui rompt définitivement avec la tradition bourgeoise de cette Maison Rostang dont elle affiche encore les couleurs ? Toujours est-il que nous n'avions jamais autant apprécié la cuisine de Nicolas Beaumann, largement soutenu par Stéphane Manigold, sérial entrepreneur à succès. De fait, ce chic à la belle personnalité et aux matériaux choisis (parquet, brique, pierre brute...) entoure une équipe très solidement encadrée par l'expérimenté Frédéric Rouen (ex Ducasse, ex Goujon…) et les œuvres du chef, mis largement en confiance pour vraiment s'exprimer. Avec par exemple une tonitruante relecture de la soupe à l'oignon parmi les mises en bouche qui comptent aussi un convaincant saint-pierre maturé émulsion lentilles. Les saint-jacques de Grandcamp, en pleine et belle saison, sont splendides avec un jus des bardes au vin rouge chou-fleur croquant et en crumble, le brochet façon gâteau trouve une bisque juste et puissante, le turbot manque un peu de mer mais pas d'idée, et le wagyu trouve un soutien qui lui vole la vedette, joue et langue confites avec une sauce à l'huile de figue. On notera enfin la belle cohérence affichée par les très bons desserts du chef David Boudinet dont la poire amande géranium rosat. Cave de grande maison, toujours une force, avec un choix pertinent à tout budget, une grande liste de vins au verre, dont une sélection prestige, le tout servi par un sommelier engagé.