Accès handicapés | Hébergement | Jardin | Leçons de cuisine | Menu enfants | Parking privé
Style
Elégant | Romantique
Budget(€)
A titre indicatif par pers. (hors boissons)
198 à 240
L'avis de Gault&Millau2026
Comme une balade en montagne aux portes d'une ville de 400 000 habitants : voilà où Christophe Aribert a posé ses valises en 1998 à Uriage-les-Bains. Sa cuisine assume cette double culture : graphique, urbaine, aux lignes ciselées comme un trait d'architecte. Et résolument alpine, nourrie d'une connaissance intime des plantes et fleurs de l'Alpe. Le repas s'ouvre sur un long tableau de mises en bouche, inspiré et construit comme une fresque du Dauphiné : clin d'œil au gratin dauphinois, à la tarte aux noix. Puis, cap vers les rivages alpins avec la perche, l'omble chevalier et la truite grise. Les sauces sont brèves, végétales, jamais plombées par des graisses inutiles. Ici, le chef traque l'équilibre, la justesse des assaisonnements, le goût du vrai. Chaque convive est invité à visiter les cuisines avant l'arrivée des plats. Derrière les fourneaux, le chef mène la brigade. Barbe ciselée, œil attentif qui ne laisse rien passer. Plus pirate des Caraïbes qu'amiral, sauf que son horizon à lui, ce sont les cimes alpines. Le pigeon arrive, escorté par les premiers cèpes et girolles. Savoureux, avec un jus gourmand, mais léger. L'instant fromage bouscule les codes : pas de chariot, pas de présentoir. On vous propose les chèvres de Marion, twistés avec un montage à l'antésite et à l'oseille. Deux desserts terminent le parcours en apesanteur. On retient surtout ce triptyque sarrasin, chocolat et piment oiseau. La sauce chocolat, dopée à l'antésite, offre le seul moment déraisonnable du déjeuner. Une régression assumée, comme un plaisir d'enfance qu'on ne veut plus lâcher. La cave, elle, déroule un large tour des Alpes. Les Chartreuses, bien gardées, rappellent que le chef a constitué sa collection avant l'envolée des prix. Visionnaire jusque dans ses bouteilles. La Maison Aribert se dresse comme un belvédère culinaire. Son chef, qui aurait pu devenir architecte, agence les moments avec rigueur et poésie pour une collection d'émotions pures et d'inspirations alpines. Ici, chaque plat est une randonnée. On en ressort léger, mais avec des paysages plein la tête.