Dans cet hôtel distingué, mais au parking payant, le gastro a été déplacé d'un niveau pour un nouveau décor et une cuisine ouverte. Le chef Rémi Chambard, avec sa jeune et talentueuse brigade, a pris résolument l'option terroir : il y en a à tout bout de champ, dans une atmosphère dagovéranienne néanmoins bourgeoise et citadine. Le story telling évoque l'oseille de Belleville et le cochon Prince de Paris, mais aussi les hommes, ceux qui cultivent et produisent, comme Grégory Spinelli et ses champignons de l'ancestrale carrière familiale, servis dans un délicieux consommé d'accueil ou dans une superbe entrée, en lamelles sur le chou de Pontoise et une craquante pâte filo, entouré d'une jolie sauce agastache, une entrée à la fois sobre et percutante. La cuisine de cet excellent chef est ainsi faite : pas de lyrisme excessif, peu de vraie fantaisie, mais une grosse maîtrise technique, des jus et des sauces impeccables, des dressages sans une éraflure : les saint-jacques au chardonnay de Suresnes, bien relevées avec un insert persil, le superbe sandre émulsion safran et poireau délicatement acidulé, le pigeon betterave et bonbon des cuisses en effilochée appartiennent à ce registre de trois toques affirmées d'un travail d'orfèvre. Plaisant dessert vanille riz grillé et crème de la Chalotterie, cave de belle maison, multipliant les étiquettes nobles, vins au verre coûteux.