De bars en bars, de caves en caves, de restaurants en restaurants… cette rue de l'hypercentre offre un joli condensé festif et gourmand. Riches d'un parcours international, Noé Vivies et Lucy Rosedale ont investi un ancien bistrot, le rénovant avec chaleur en misant sur la pierre, le bois et un agréable éclairage. Ajoutons-y une bande-son en harmonie qui participe à rendre l'atmosphère fort détendue. La cuisine, enjouée, remuante et d'une grande justesse, s'exprime à travers des plats aux saveurs vives et parfaitement agencées. Le talent est là ! En témoignent ces fines tranches crues de chinchard qui permettent à Noé de jouer délicatement avec l'amertume, l'acidité (clémentine, kalamansi, kumquat) et la salinité. Pour suivre, le parfait lieu jaune cuit à l'unilatéral au barbecue est caressé par une subtile émulsion de moules aux notes safranées. Carottes et chlorophylle de persil parachèvent le plat. Enfin, mine de rien, le dessert, sans exubérance, confirme le brio de cette nouvelle table avec un mariage poire, biscuit, épices et glace au laurier. Service féminin joyeux et complice. Quant à la petite cave constituée avec passion par Lucy, elle vise juste avec, par exemple, le domaine de l'Alezan en côtes-du-rhône et l'anjou de Mathilde Magne.