Marseille trop puissant ! Quelques mois après notre dernière visite, il est évident que le travail engagé par Edgar Bosquez et son équipe porte ses fruits. Plus de précision, plus d'engagement dans la définition et l'aboutissement des assiettes. La salle est petite, entre Vieux port et Pharo, tout près du théâtre de la Criée, mais bien animée. Alizée et Edgar en ont fait aujourd'hui un véritable rendez-vous gastronomique. Ce terroir qui l'a adopté, le chef panaméen le maîtrise complètement, ajoutant les bonnes idées, la gourmandise et la justesse du goût. Après des mises en bouche de haute volée (foie gras homard un peu perfectible, muge en tartare et carotte, tagliatelle de seiche), les morilles farcies de murène petits pois croquants et mousseline, jus de bouillabaisse forment tout simplement un grand plat, comme la lecture ensoleillée et impeccable du rouget, complètement désarêté, artichaut barigoule tranché du jus de rouget. Les séquences sont très équilibrées, sur des menus étagés, et les desserts - amusante composition sur l'asperge blanche, addictif mariage chocolat oseille - sont aussi remarquables. Belle animation de salle d'Alizée, avec un nouveau maître d'hôtel que l'on connut chez Nicolas Stamm à la Fourchette des Ducs, petite cave assez pointue, d'une soixantaine de références, connues et modernes, sans parti pris.