Une mise en garde tout d’abord, si jamais vous aviez l’outrecuidance de vous présenter à la porte d’Ortensia avec un nombre de convives inférieur à celui annoncé lors de la réservation (uniquement en ligne, l’établissement ayant fait le choix de se passer de téléphone), vous seriez mis à l’amende, avec l’impression désagréable de devoir finir au piquet, comme un écolier. Heureusement, Terumitsu Saito (ex-Pilgrim) a suffisamment de talent pour mieux faire digérer cet accueil réfrigérant. Ses menus cachés, en 4 ou 7 services, démontrent un vrai savoir-faire, entre produits superbes et technique parfaite (le souvenir d’une sériole formidable avec sa déclinaison de carottes, notamment, ou d’un dessert autour du soja et de la vanille dans une revisite audacieuse d’un millefeuille). L’ex-Astrance s’est trouvé un chef à la hauteur du mythe, il conviendrait désormais de rendre le service moins professoral.