Le moment dans les fastes oubliés du Second Empire est subtilement suranné. Cette rotonde face à l'océan a le charme discret de l'aristocratie en villégiature, d'une époque à l'autre, dans une atmosphère langoureuse. Oubliées aussi, les envolées d'Aurélien Largeau, le chef précédent qui s'est installé à dix minutes de là, et même les œuvres classiques de Jean-Marie Gautier, qui y régna durant un quart de siècle et forma tant de jeunes cuisiniers. Le vent souffle, emportant les souvenirs, pour laisser la place à une production hôtelière sagement modernisée par le chef en place Christophe Scheller, multipliant les beaux ingrédients, homard, caviar, langoustines : araignée de mer au naturel sur un crémeux de fenouil et segments de pamplemousse, une entrée fraîche et assez simple, volaille et langoustine, séparées dans l'assiette, réunies dans le jus, navet en feuille roulée sur un pesto, tout est correctement fait et bien servi par une équipe disponible qui assure le standing d'une table qui a le mérite d'être ouverte à l'année et tous les jours. Cave de grands bordeaux et bourgognes, un peu pauvre ailleurs et peu renouvelée, et mention spéciale pour le toujours excellent pâtissier Aleksandre Oliver, déjà récompensé par Gault&Millau et qui confirme avec sa figue verjus pélargonium ou son très gourmand dessert polenta de maïs grand roux confit de raisins secs jurançon gingembre badiane.