Rien ne manque ou presque au tableau : les serveurs en chemise et veste blanches qui commentent entre eux l’animation de la rue, la clientèle d’habitués dont beaucoup sont nés sous la Troisième République, une foodista directement débarquée de Tokyo qui vient goûter à la tradition française telle qu’on la vend à l’étranger et qui semble manifestement se demander ce qu’elle fait là, le beurre operculé en portion individuelle, les nappes Vichy et une carte longue comme un jour sans fin, où cohabitent bouchée à la reine, poulet à la crème et aux morilles, rognons de veau à la Dijonnaise et même écrevisses à la Lucien Tendret, une recette quasiment disparue de nos restaurants aujourd’hui. Desserts dans la même veine (le baba au rhum manque de caractère malgré sa bonne crème et sa cuisson réussie), cave très classique.