Akrame Benallal reste l'un des animateurs de la restauration parisienne, en diversifiant son offre, en promouvant avec énergie et intelligence la cuisine levantine. Celui que nous avions distingué comme Grand de demain voilà quinze ans, après l'avoir découvert les premiers au restaurant d'un club de golf en Touraine, a fait son chemin. Et s'il semble aujourd'hui un peu moins préoccupé par sa table amirale, nous lui gardons tout confiance dans sa capacité créatrice. Lors de nos dernières expériences rue Trochet, un peu moins d'envolées, mais de beaux moments, associant l'agneau, la pistache et la cerise ou avec la glace de mozzarella parfumée au jasmin et associée à un savoureux minestrone de légumes et fruits de saison. Les primo-arrivants s'amuseront du granité au Ricard et pâte de cacahuètes et instagrammeront probablement le dessert monochrome ananas caramel (entièrement noir, en hommage à Pierre Soulages), les autres se souviendront les avoir déjà croisés dans le passé. Service pas hyper-concerné mais bien aimable, cave rassurante et ne prenant pas, elle non plus, de risque majeur.