C'est la success story que l'on aimerait voir plus souvent : deux copains de lycée partageant une même vision et décidant, à l'orée de leurs 30 ans, d'ouvrir leur restaurant. C'est chose faite avec Salette, où le désormais chef Émilien Catherinet et son acolyte en salle, Léonard Hubert-Meynier, signent une table sincère, chaleureuse et solidement ancrée dans une cuisine de bistrot ménagère, bien exécutée et sans esbroufe, qui trouve naturellement sa place dans le paysage branché du port de Nice. Le velouté de chou-fleur au vieux Rodez d'Aveyron ou les panisses (de chef) au parmesan et sauce butternut rivalisent en goût avec la porchetta de cuisses de lapin, la surprise de cochon (pièce que se gardent généralement les bouchers) braisée à la bière, ou la très brésilienne picanha de bœuf Aubrac parfumée de sa persillade en gremolata. On retrouve avec délice le pain perdu sous son caramel beurre salé et la mousse au chocolat de compétition aux noix de pécan caramélisées. Le mercredi, on ne rate pas la blanquette de veau à 15,50 €. Enfin, pour la soif, une petite cave d'une trentaine de flacons à prix sages, et des vins au verre qui démarrent à 6 €, achèvent de faire de Salette une adresse aussi gourmande que réjouissante.