Entre plaine et premiers contreforts vosgiens, dans un village alsacien où la vigne tutoie les pierres anciennes, une maison du XVIIe siècle conjugue le charme de l'ancien et la clarté du contemporain : poutres apparentes, pierres blondes et couleurs douces composent un décor apaisé, sans surcharge ni prétention. Hugo Ehrhardt, passé par des maisons d'excellence (Plaza Athénée, Lameloise, Renaut, Girardin), signe une cuisine sensible et juste, ancrée dans les produits de saison. Légumes de maraîchers, pêche de ligne, viandes choisies : tout ici respire la proximité et le respect du vivant. On est séduit par la fraîcheur végétale d'une crème mascarpone aux radis en amuse-bouche, et conquis par une tartelette aux champignons de Colmar où textures et parfums se répondent dans un équilibre généreux et vibrant. La pêche du jour - un skrei à la chair nacrée - est cuite avec précision et s'accompagne de légumes primeurs éclatants de fraîcheur : asperge verte, fenouil et jeunes poireaux s'animent dans l'assiette comme un prélude au printemps. Le filet de bœuf de Salers, escorté de carottes en variations ludiques, se prolonge d'une joue confite tout en moelleux : une partition à deux voix, qui frôle la distinction tant par la maîtrise que par l'intention. Même le dessert au chocolat, malgré une mousse un peu facile, séduit par la complexité du Guanaja de Valrhona, son praliné gourmand et sa glace au lait fumé dans l'air du temps. Le plaisir est là, sincère, sans surcharge ni maniérisme. Julie Soiteur, seule en salle, assure un service avec tact et douceur. Un jeune cuisinier vient parfois prêter main forte pour annoncer les plats avec précision : un geste simple, mais révélateur d'un esprit d'équipe. Côté cave, l'engagement en faveur des vins bios est évident, avec un choix conséquent de crus régionaux. Au final, on sort de table ravi. Par les saveurs d'abord, précises et généreuses. Par les tarifs ensuite, qui restent d'une sagesse rare pour ce niveau d'engagement. Et surtout par cette impression d'avoir goûté une cuisine vivante, enracinée, joyeusement contemporaine, dans un lieu où l'on cultive la discrétion plus que le décorum.
Daurade issue de pêche française : Marinée et subtilement fumée, vinaigrette basilic et framboises, granité mélisse
17 €
Terrine de lapin : Anguille fumée et condiment aspérule, les radis couleurs d'Ariane & Julien en pickles
17 €
Plat principal
Quasi de veau de lait : Cuit sur le grill, carottes de nos maraîchers en texture, citron, jus de veau perlé
28 €
La pêche de petit bateau selon arrivage : Bouillon iodé, fenouil confit & jeunes pousses de chez Ariane & Julien
26 €
Dessert
Cerise de la ferme Heckmann : En jeu de textures, mousse légère amande douce et fines meringues
10 €
Le chocolat : Cru Caraibes 66% de la maison Valrhona en textures, tuiles au grué de cacao, pointe de caramel,glace au lait fumé de la ferme du Lindenhof
10 €