Évidemment cette adresse est parfois déroutante, voire clivante. Plus de trois heures de repas, une trentaine d'assiettes, une farandole de mises en bouche (la table en est littéralement noyée), une débauche de pré-desserts, et des plats majoritairement axés sur le végétal et les produits marins, qui constituent le cœur du repas, avec de réelles fulgurances. Quel feu d'artifice, quelle démesure, c'est la fête chez Pierre Lambinon ! Aujourd'hui, la maîtrise technique du chef (notamment la remarquable cuisson des poissons) associée à une créativité impressionnante mérite un coup de pouce, même si le menu est toujours imposé, sans espoir de pouvoir échapper à la cérémonie ni de choisir sa soirée. Les trois plats principaux goûtés, lotte rôtie, barigoule chou-rave, merlu de ligne, céleri, canard du Gers valaient clairement 16/20. Très bon directeur de salle, dans le ton, qui pilote une équipe juvénile, très pro, mais manquant un peu, pour certains, de chaleur et de décontraction.