On s'attendrait presque à entrer dans le restaurant à cloche-pied, en jouant à la marelle, tant l'ambiance est joviale. Nananère, c'est l'école buissonnière de la bistronomie. Roxane mène la classe avec douceur et précision pendant qu'Arnaud, en savant fou gourmand, multiplie les expériences heureuses dans l'assiette. Leur potager de Vallauris fournit fruits, légumes et herbes aromatiques pour une cuisine joyeuse, engagée et résolument vivante. Avec le carpaccio de poulpe grillé à la flamme, pommes de terre et mojo verde, (cette sauce d'un beau vert que l'on retrouve sur les tables des îles Canaries), à base de coriandre, ail, cumin et ici de cacahuètes, ou, piochée dans l'ardoise des suggestions, la tranche de chou vert du jardin, farcie de poitrine de cochon longuement confite, rendue espiègle par un peu de moutarde à l'ancienne et de provolone fumé, puis nappée d'une sauce idéale pour magnifier les frites maison. On termine sur le fruit avec une poire au vin, encadrée d'un financier à la noisette et d'une digestive boule de glace au yaourt pour l'alibi. En cave, les quilles permettent de découvrir la France à prix frondeur, et pour les plus aventureux, la sélection dite " Planque du Proviseur " donne à toucher du doigt les interdits, les rares, les confidentiels. Belle approche avec le menu à 45 €. Et puis tiens, deux toques, na !