La maison a belle allure, légèrement en retrait de la rue qui mène à la gare, derrière ses hautes grilles. Elle témoigne de l'histoire économique de la ville au XIXe lorsque l'industrie du lin était florissante. Désormais, Laurent Brault y tisse une nouvelle page. Gastronomique celle-ci. Aménagée dans un esprit de belle brasserie chic et chaleureuse, la salle se prête aussi bien aux déjeuners entre copines, aux repas d'affaires qu'aux agapes familiales. Si le menu du midi est singulièrement attractif, il ne faut pas hésiter à monter en gamme. La cuisine respecte les codes fondamentaux : valorisation des productions locales et plats pleinement de saison. Par ailleurs, la technique est sûre et les plats ne manquent pas de peps. Ainsi, les belles saint-jacques présentées en carpaccio sont notamment relevées de notes fraîches de combawa. Nous sommes toutefois moins convaincus par l'ajout de lamelles de truffe qui manquaient de caractère. Aucun bémol en revanche pour le bar associé à un pressé de betteraves et bien relevé d'un bouillon de légumes torréfiés. En prime, une onctueuse purée de pommes de terre fumées. Très beau final assuré par un " cigare pomme et passion/chocolat grand cru" qui repose sur une juxtaposition de saveurs et textures contrastées particulièrement réussie. Le personnel est quant à lui jeune et enthousiaste. Quant à la cave, elle offre un large choix dans un registre tarifaire qu'il faut saluer : beaune 1er cru du domaine Bitouzet-Prieur, beaujolais du Château de Poncié, faugères du domaine Ollier-Taillefer, pacherenc de Plaimont, bandol du Domaine de la Bégude... Et une 2e toque bien méritée !