Bistro/Brasserie | Décontracté | En famille | Entre amis
Budget(€)
A titre indicatif par pers. (hors boissons)
40 à 60
L'avis de Gault&Millau2026
À la fin de l'été 2025, Romain Creutzmeyer a tourné la page gastronomique pour revenir à une brasserie assumée, un choix que le décor semblait déjà annoncer. Ce virage se lit sans détour dans l'apparition de plats de tradition, volontiers réconfortants, comme les œufs en meurette, la langue ou la tête de veau, mais surtout dans cette gourmandise franche, savoureuse, immédiate que l'on vient chercher quand on veut être comblé sans discours. Formé chez Éric Westermann, le chef a cette aisance rare : il sait rendre savoureux tout ce qu'il touche. La truite saumonée, d'une fraîcheur éclatante et cuite avec une délicatesse rare, est servie en raviole ouverte et escortée d'une sauce matelote crémée au vin blanc et aux oignons, d'une générosité très maîtrisée. Le vol-au-vent Colbert réunit de bons ingrédients, volaille, veau, champignons, quenelles ménagères, mais la sauce manque de relief : le bouillon de poule s'exprime trop peu, la crème domine. La tarte du jour, encore tiède, décline une version alsacienne classique et soignée, même si la pâte brisée lui confère un style un peu boulanger. La mousse au chocolat, puissante, équilibrée et peu sucrée, est élaborée avec du chocolat de belle tenue. L'ambiance, elle, s'est avérée plutôt triste lors de notre visite, faute d'une présence en salle capable d'allumer la convivialité, tandis que la carte des vins, courte et lisible, vise juste avec de bons producteurs et des appellations parlantes. Et l'on sourit, au café, devant une truffe maison au chocolat noir : détail simple mais attention réelle, comme un dernier signe de considération.