L'Orchidée

68190 ENSISHEIM
15/20
Table Remarquable

Infos pratiques

Chef
Chatchai Klanklong
Cuisine
Gastronomique
Truc en +
Hébergement
Style
Cadre d'exception | Romantique
Budget (€)
A titre indicatif par pers. (hors boissons)
60 à 125

L'avis de Gault&Millau 2026

C'est l'événement de l'année dans le Haut-Rhin : en avril 2025, les frères Klanklong ont quitté Altkirch et posé leurs fourneaux à Ensisheim dans une belle demeure Renaissance qui aurait vu passer Louis XIV et Napoléon. De l'ancien confort de bistrot, on est passé à une salle d'un beau volume, garnie de tables rondes espacées. Devenus hôteliers, les frères ont dû tout reprendre à zéro : recruter une équipe importante malgré la pénurie, apprivoiser la maison et orchestrer l'hébergement, un programme d'envergure que l'enthousiasme de la jeune brigade porte avec conviction. Pas de carte ici, mais deux menus surprises en 4 ou 6 services, au diapason d'une haute cuisine française traversée d'un souffle thaï. La rosace de radis daïkon, deux variétés superposées en pétales, dissimule une tranche de thon mariné et s'anime d'un ballet d'assaisonnements : soja, nuoc-mâm, huile de kaffir verte et une huile rouge pimentée, dont la finesse, la fraîcheur et l'équilibre font tout le charme. Le Tom Yam, plat-signature du chef Chatchai Klanklong, cette année aux gambas sauvages, tomate et girolles d'Alsace, est nappé d'une infusion au lait de coco, galanga, citronnelle et feuille de kaffir : l'abondant liquide prend trop le dessus et le piquant plus appuyé qu'à l'accoutumée rompt l'équilibre habituel. Le pigeon de Thierry Laurent, fumé pour la modernité, offre un filet d'une tendreté exemplaire et une cuisse fondante ; on l'associe à un pak choï aux shiitakés, à un jus corsé au tamarin frôlant la limite du supportable et à un riz gluant au curry rouge et lait de coco, à la sapidité presque " umami ". Le dessert croise chocolat, miso et thé rouge thaïlandais dans un jeu de textures et de températures ; il est contrarié par une glace trop dure, mais la sauce au chocolat versée à table s'impose par sa richesse nuancée. En salle, l'abondance de personnel impressionne, des jeunes, responsables, très engagés, mènent le bal. Le sommelier, alerte et précis, veille et conseille avec adresse. Néanmoins l'offre au verre, limitée à quatre vins sans ancrage alsacien, déçoit alors que la carte des vins en bouteille se montre ambitieuse. On sort convaincu par l'intention, la distinction de la cuisine et l'inspiration thaï, en se disant qu'il faut laisser le temps, au duo d'affermir la précision des dressages et l'équilibre des assaisonnements, et à l'équipe de corriger quelques défauts de jeunesse comme l'accueil des convives et l'annonce des plats. La maison est belle, vivante, et le meilleur reste à venir.
Les peoples
  • Chatchai Klanklong
    Chatchai Klanklong Chef
    Chatchai Klanklong Chatchai Klanklong Chef