Køkken
33 Rue Adolphe Seyboth, 67000 Strasbourg, France
10 PHOTOS
Infos pratiques
- Lieu
- Strasbourg
- Chef
- Frédéric Metzger
- Cuisine
- Français | Gastronomique | Moderne
- Truc en +
- Privatisation
- Style
- Romantique
Budget
(€)
A titre indicatif par pers. (hors boissons)
39 à 89
L'avis de Gault&Millau 2026
Table de Chef
Quatre tables, pas une de plus : cette nouvelle adresse du quai de Turckheim joue d’emblée la carte de la rareté. À l’entrée, quelques chaises hautes bordent un comptoir face à la cuisine ouverte ; plus loin, des étagères rétro-éclairées chargées de bocaux de légumes fermentés composent presque à elles seules le décor. Rien d’ostentatoire donc, mais une identité nette. Marie Bischoff, compagne du chef, assure l’accueil avec naturel, sourire et cette aisance dans les gestes simples qui met immédiatement à l’aise. Les intitulés, réduits à quelques mots séparés par des barres obliques, annoncent une cuisine contemporaine d’inspiration nordique ; les assiettes, très épurées confirment cette volonté de précision quasi japonaise. L’huître pochée au beurre ouvre le repas avec éclat : fraîcheur, acidité et notes herbacées s’équilibrent malgré un sirop un peu trop sucré et ardent. Les petits pois offrent ensuite de beaux contrastes : des légumes d’une fraîcheur éclatante, un vif sorbet de pomme verte aux herbes sauvages, un jus de carotte étonnamment profond, traité comme un jus de viande, mais une mousse de petits pois si discrète en goût qu’elle semble surtout servir de socle géométrique. Avec la lotte, le chef resserre le trait : cuite à 54 °C, ferme à souhait, elle gagne en élégance au contact d’un condiment de dattes suave tandis qu’un lait d’amandes très pur évite au plat de basculer dans l’excès. Le canard est encore plus convaincant : tendre, savoureux, escorté d’une patate douce laquée et de noisettes aux accents boisés, il s’appuie sur un jus réduit, net, aromatique, sans faiblesse d’équilibre. Les fromages, tous issus de la ferme du Lindenhof au Hohwald, possèdent une vraie cohérence. Le dessert, cerise, chocolat blanc et mélisse, séduit surtout par un sorbet d’une intensité remarquable ; le granola apporte du relief, néanmoins l’ensemble manque encore de structure pour réellement marquer la mémoire. Le financier servi à la sortie du four, accompagné d’un puissant bonbon aux fruits rouges, achève le repas avec panache. La cave, courte, personnelle et raisonnablement tarifée, préfère les artisans aux trophées et les vins biologiques ou peu interventionnistes aux signatures attendues ; l’Alsace et la Loire y brillent même si quelques grands classiques supplémentaires élargiraient utilement le jeu.
Plan
HORAIRES
- LU
- MA
- ME
- JE
- VE
- SA
- DI