En face de l'abbaye, haut lieu du chant grégorien, le Grand Hôtel de Solesmes a confié ses fourneaux à un jeune chef en provenance du Var, Michaël Labat-Gest ; il y perpétue une cuisine à l'image des lieux, empreinte de sérieux et de classicisme, dans une atmosphère feutrée. Les ravioles de chèvre, miel et citron sont un peu fermes, mais le rouget grondin grillé sur la peau, est servi dans une assiette façon bouillabaisse, sur une soupe de poissons de roche, hommage du chef à sa précédente région ; les desserts sont conformes à l'esprit traditionnel de la carte avec une pavlova aux agrumes ou un soufflé chaud au Cointreau ; on aimerait qu'un souffle nouveau traverse ce lieu aux charmes indéniables propriété de la famille Jacquet depuis les années 60 ; la carte des vins ne transgresse pas l'ensemble, avec les valeurs sûres, mais habituelles, du Val de Loire.