Cette jeune maison portée par un entrepreneur dynamique, avec ses quatre établissements (trois sur le quai, un au bord de l'eau) mérite attention et encouragements. Le lieu est très touristique et la volonté de pousser le curseur gastronomique s'accompagne d'un brin de naïveté et de lourdeur, mais l'intention est louable, la jeune équipe de salle, autour d'Enzo, se démène au mieux, et Italo Bassi, qui fait la navette entre Porto Cervo et Bonifacio, est un chef reconnu qui a eu son heure de gloire à l'Enoteca Pinchiorri florentine. Il libelle une carte italienne plaisante et courte, confiée au chef exécutif Edoardo Menna, gentiment précieuse et jouant un peu l'épate pour justifier les tarifs de luxe bonifacien,: catalana de langoustine (peu de langoustine) et tartare de tomate, un plat assez simple avec une tartelette aux pinces candidement posée sur un lit de pinces, les raviolis doubles, vendus comme une signature incontournable, sinon mémorable, un bon rouget beurre au lard de Colonnata pommes de terre mitrailles poudrées de tomate réduction de roche façon cacciuco (une sorte de bourride livournaise), avant un aimable dessert fruits rouges brocciu. Cave étendue et coûteuse, petit choix au verre, conseillée avec enthousiasme par Charlotte.