Perché à La Turbie, le Café de la Fontaine continue d'écrire son histoire. Bruno Cirino, en bon passeur de relais, a cédé son café turbiasque à deux jeunes formés à l'École Bocuse, Sasha Dorfmann en salle et Michael Abihssira en cuisine. Forts de leurs expériences passées, Yannick Alléno à Paris, Mauro Colagreco au Mirazur, ils reprennent l'adresse mythique avec une idée simple, celle de faire de la bonne cuisine française, rassembleuse, celle que l'on sauce avec le bon pain du fournil d'à côté. Le bistrot qu'on aime, où l'exécution de chaque assiette privilégie l'évidence à l'effet, cuissons précises, sauces nettes et assiettes sans surcharge. Les asperges blanches encore croquantes avec leur eau de végétation, sous une sauce mousseline minute, iodée de poutargue ; la truite au sautoir et la tombée de pois gourmands en julienne, encore vivace, et l'émulsion japonisante d'un dashi piqué de citron noir d'Iran à la saveur caramélisée ; enfin la tarte fine aux pommes, moelleuse et croustillante, relevée d'une touche de cannelle. Quant à la cave, à elle seule elle mérite le voyage, entre Bourgogne de beau lignage, étiquettes prestigieuses et petites allocations, le choix ne manque pas. Et puis le service, celui qui passe inaperçu mais reste constamment présent, précis et juste dans le tempo. Le Café de la Fontaine est entre de très bonnes mains, Chef.