Sur la partie méridionale de la route des vins d'Alsace, cette belle maison, à la façade ornée par le peintre Daniel Zenner, continue de marquer les esprits. Emblématique des années 1990, elle reste aujourd’hui une adresse prisée des familles et des habitués, venus célébrer dans une ambiance animée, anniversaires et retrouvailles, notamment les week-ends. Toujours propriétaire des lieux, Philippe Bohrer a confié les rênes des cuisines à son chef exécutif Sébastien Sattler qui assure la continuité culinaire de la maison à travers une carte classique, servie dans le cadre de formules et de menus attractifs. Le menu dégustation, affiché à 120 €, est souvent proposé dans le cadre d’une opération « un menu acheté = un menu offert », permettant à une large clientèle de découvrir une expérience gastronomique à prix contenu. Dans l’assiette, certaines propositions témoignent d’un réel savoir-faire, comme le bar rôti et sa crème de chou-fleur soyeuse, ou encore la belle pièce de chevreuil accompagnée d’une sauce aromatique bien réduite. D’autres plats — tel l’œuf soufflé à la truffe, hélas sous forme d’arôme, ou le carpaccio de langoustine — séduisent moins pour leur exécution ou leur assaisonnement. Le dessert, en revanche, convainc pleinement : une sphère chocolat-poire finement travaillée, escortée d’un sorbet délicat, conclut le repas sur une note élégante. Le service, dans l’ensemble volontaire, peut cependant souffrir de l’affluence, avec quelques oublis ponctuels, notamment sur les attentions finales. La carte des vins, étoffée au verre, permet d’agréables découvertes, notamment parmi les crus régionaux. Cette maison, qui conjugue aujourd’hui ambition populaire et héritage culinaire, poursuit sa route avec une volonté d’accueil généreux et de gastronomie accessible.