Dans cette maison étroite, répartie sur trois niveaux face à la caserne du Finkwiller, Tiffany Schwoob signe une cuisine de saison précise et délicate, où la maîtrise des cuissons et la justesse des assaisonnements dessinent une expression résolument originale. Le système de menu-carte modulable convainc par sa pertinence. La mise en bouche, une crème de potimarron à l'huile d'olive au gingembre, présente un velouté net et une pointe épicée très justement dosée. Le carpaccio de saint-jacques, constellé de granny-smith et relevé d'huile de cédrat, de sésame et d'un trait de yuzu, trouve un équilibre limpide entre iode délicat et agrumes. Le pavé de saumon, grillé en surface mais fondant à cœur, s'appuie sur une crème de cresson droite, des topinambours rôtis et crus et des éclats de noisette qui dynamisent l'ensemble. Le pré-dessert, sorbet aux quetsches d'Alsace et avoine caramélisée, rafraîchit avec une belle franchise avant l'arrivée du dessert qui séduit pour la poire tendrement pochée, le crémeux vanille généreux, le sablé net et le sorbet moelleux qui prolonge les épices d'hiver sans lourdeur. Le décor revendique une simplicité sans apprêts, qui recentre l'attention sur l'assiette tandis qu'un service aimable, un peu tendu, accompagne l'expérience. La carte des vins, concise et cohérente, retient des vignerons bio ou nature d'Alsace et d'ailleurs, des millésimes récents portés par le fruit et la légèreté, avec des coefficients mesurés.