Le Domaine des Étangs et Bernardaud : l’éveil des sens en Charente Limousine
Entre les murs de pierre du XIIIe siècle et l’éclat de la porcelaine de Limoges, le Domaine des Étangs orchestre une rencontre inédite avec la Maison Bernardaud. Une immersion sensorielle où le geste artisanal et l’art de recevoir redéfinissent le luxe authentique au cœur d’une nature souveraine.
On ne séjourne pas ici par simple besoin d'escale, on s'y installe pour éprouver une certaine idée de la France, entre culture terrienne et vision d’un luxe de haute voltige, loin des codes des établissements 5 étoiles. À Massignac, ce château de conte de fées, entouré de ses mille hectares de forêts et de prairies, a troqué son protocole et sa rigueur médiévale pour une âme de demeure de famille élégante. Sous l’égide d'Auberge Collection, le Domaine des Étangs réussit le pari de l’intimité familiale au sein d’une architecture monumentale. Pour pousser plus loin cet art de vivre, le domaine a inauguré à la rentrée une collaboration inédite : des rendez-vous avec la Maison Bernardaud pour apprendre à dompter les arts de la table et tenter de percer les secrets des ateliers de la célèbre maison.
L'étiquette sans l'apparat
L’apprentissage commence sous la charpente de la salle "Ciel". C’est notre refuge quand la météo charentaise fait des siennes : une pièce lumineuse, tout de bois vêtue, où une cheminée monumentale semble veiller sur les secrets du domaine. Mais, dès que le soleil s'invite, l'atelier s'échappe des murs du château. On s'installe alors à l'ombre d'un platane centenaire, dans un coin reculé du parc, ou au cœur même du potager en spirale. C’est là, face à une nappe immaculée, que la jeune conférencière nous plonge dans les arcanes du protocole, des fastes royaux aux exigences millimétrées des banquets de l’Élysée.

On y apprend que dresser une table est un acte de haute précision, une géométrie du plaisir. Elle nous enseigne la distinction fondamentale entre le dressage « à la française », où les fourchettes pointent vers la nappe pour dévoiler les armoiries gravées au dos des manches, et le style " à l’anglaise ", dents vers le plafond. On découvre les erreurs fatales qui trahissent le néophyte : ne jamais croiser les couverts, respecter l'alignement strict des verres — du plus grand au plus petit, en diagonale —, et surtout, l’art de placer le couteau, tranchant toujours tourné vers l'assiette, comme un signe de paix.

La conférencière de la manufacture centenaire nous rappelle que chaque pièce de porcelaine a une fonction, un poids, et une manière d'accrocher la lumière. Ce n’est pas qu’une affaire de règles, c’est une question d’harmonie. À l’issue de cette initiation, le déjeuner ou le dîner optionnel se déguste sur place, au milieu des herbes folles ou sous les poutres séculaires, pour mettre immédiatement en pratique cette élégance sans effort.
▶ Prix : Forfait de 2 à 12 personnes pour la masterclass : 400€ + dîner de quatre plats : 150 €/personne
L'art du thé, l’autre histoire ancestrale
Le voyage se poursuit selon le même rituel : dans le feutre des salons si le vent se lève, ou à l'extérieur pour profiter de la lumière limousine. Lors de ce "Goûter de porcelaine", l'ambassadrice du fleuron de Limoges nous plonge dans trois siècles de gourmandise. On y découvre comment le thé, d'abord remède exotique en Orient, a conquis les cours européennes au XVIIᵉ siècle, devenant si précieux qu'on le conservait sous clé dans des boîtes en argent ou en laque.

L'expert nous conte l'époque où la porcelaine n'était pas encore maîtrisée en Occident, faisant de chaque tasse importée de Chine un objet de fascination absolue, avant que Limoges ne vienne bousculer cet ordre avec son or blanc. On apprend que la forme même des tasses a évolué avec l'usage : l'apparition de l'anse, par exemple, fut une petite révolution pour éviter de se brûler les doigts lorsque le breuvage commença à se déguster brûlant à l'anglaise.
Pour accompagner ces récits, le chef pâtissier du Domaine imagine des douceurs qui font écho aux motifs délicats des collections de la Maison. On savoure des mignardises qui semblent répondre aux dorures et aux émaux des pièces présentées. On quitte la table avec cette impression rare d’avoir partagé un tête-à-tête avec l’histoire, là où le mot raffinement prend tout son sens.
▶ Prix : Forfait de 2 à 12 personnes pour la conférence : 400€ + goûter : 65 €/personne
L’empreinte du geste à Limoges
Pour clore l'expérience, il faut quitter les étangs et rouler une petite heure vers l’est. On pousse alors les portes de la Manufacture à Limoges pour un voyage dans le ventre de la bête, là où l’argile donne vie à l’objet. On y découvre pendant un peu plus de deux heures des artisans qui, avec une patience infinie, répètent des gestes que l'on pensait disparus : le modelage, l'émaillage, et la précision du décor.
Le moment fort reste celui où l'on est invité, après la visite guidée, à mettre, nous aussi, la main à la pâte : personnaliser sa propre pièce aux côtés des artisans. On s'installe à l'atelier pour personnaliser la pièce de son choix (tasse, plateau ou petite assiette). On repart avec le sentiment d'avoir effleuré l'âme d'une maison historique, un fragment de blanc pur à la main.
▶ Prix : 215 €/ personne