L’Auberge du Père Bise se réinvente au bord du lac d’Annecy
Dix ans après sa reprise par Jean et Magali Sulpice, l’Auberge du Père Bise dévoile une transformation d’envergure. Restaurant gastronomique, espaces d’accueil et nouveaux lieux de vie ont été repensés.
Au bord du lac d’Annecy, la silhouette familière de l’Auberge du Père Bise (4 toques) cache désormais des espaces profondément remaniés. Dix ans après avoir repris cette maison emblématique de Talloires, Jean et Magali Sulpice en dévoilent une nouvelle étape : une relecture globale du lieu, pensée pour affirmer son identité et adapter ses usages, sans rompre avec son histoire.
Une transformation dans la continuité
Installés depuis une décennie aux commandes de cette institution savoyarde, Jean et Magali Sulpice ont engagé un chantier d’ampleur qui concerne aussi bien le restaurant gastronomique que les espaces d’accueil, le bar, la boutique ou encore un nouveau lieu dédié aux séminaires.

Pour mener à bien ce projet, ils se sont entourés de l’architecte Antoine Ricardou (ASL Architecture, Paris et New York). Ensemble, ils ont privilégié une approche sobre, attentive aux matières et à la lumière, loin de toute démonstration formelle. Le bois, décliné en différentes essences, structure les espaces ; des tonalités vert sapin rappellent la végétation environnante. Partout, le regard est guidé vers le lac, élément central de la composition.
Le restaurant gastronomique, un refuge face au lac
Le restaurant a été repensé comme un espace enveloppant, presque monacal. Un couloir en bois marque la transition vers la salle. Le chêne clair habille murs et plafond, tandis que le marbre bleu de Savoie ponctue certains espaces. L’ensemble crée une atmosphère feutrée qui cadre le paysage.

Cette architecture fait écho à la cuisine alpine du chef, réputée pour son travail précis autour des plantes, des herbes et des produits du territoire. La mise en valeur de matériaux bruts, sans ostentation, répond à une même logique d’épure. “Créer sa propre identité, savoir où l’on est et où l’on va, cela se construit avec le temps, les rencontres, le lien que l’on crée avec son territoire. Je me sens prêt aujourd’hui à proposer une expérience plus personnelle et unique. Avec l’architecte Antoine Ricardou, nous avons pensé ce refuge contemporain en lien avec ma cuisine : nous avons sublimé des matériaux bruts comme je le fais avec les produits dans l'assiette. Beaucoup d'épure, beaucoup de sincérité. Le but n'est pas d'être dans la performance, mais dans l'émotion”, affirme Jean Sulpice.
L’Auberge, un esprit de maison retrouvé
À côté du restaurant gastronomique, l’Auberge au sens premier du terme retrouve une place centrale. L’entrée a été repensée pour offrir un accueil plus ouvert et plus chaleureux, toujours orienté vers le lac. Le nouveau bar se veut un lieu de vie, ponctué d’un “wall of fame” retraçant l’histoire de la maison et le parcours du chef, ainsi que d’une tisanerie en écho à son travail sur les plantes.
Parmi les nouveautés figure également un garde-manger aux carreaux blancs, pensé comme un espace vivant : petit-déjeuner face au lac le matin, douceurs et produits du terroir le reste de la journée. La boutique attenante a été entièrement rénovée pour proposer spécialités de la maison et produits sélectionnés.

Artisanat local et nouveaux usages
La transformation s’est appuyée sur le savoir-faire d’artisans locaux. Le mobilier d’accueil et les clefs des chambres, imaginés par la créatrice Lauriane Josselin, s’inspirent des cairns de montagne, réinterprétés en bois. Au bar, une ligne de vitrail réalisée par la vitrailliste annécienne Magali Aubier évoque la chaîne montagneuse qui encadre le lac et filtre la lumière alpine.
Autre évolution notable : la création d’une salle de séminaire de 50 m², située côté jardin. Indépendante tout en bénéficiant des services de la maison, elle répond à une demande croissante pour des événements professionnels dans un cadre naturel et apaisant.
Entre refuge contemporain et maison de famille ouverte sur le paysage, l’Auberge du Père Bise poursuit ainsi son évolution. Dix ans après leur arrivée, Jean et Magali Sulpice affirment une vision cohérente, où architecture, cuisine et hospitalité dialoguent étroitement avec le lac d’Annecy.