Incendie dans les Corbières : un an après, que reste-t-il des vignes ?
Le 5 août 2025, un incendie, sans doute déclenché par une cigarette mal éteinte, partait du village de Ribaute dans les Corbières audoises. En deux jours, il parcourait 17 000 hectares brûlant tout sur son passage, vignes incluses quand, habituellement, celles-ci fonctionnaient comme un pare-feu. Un an plus tard, ceps et vignerons se relèvent tant bien que mal.
Fin juillet 2026, les fumées du mégafeu sévissant en Gironde passaient au-dessus des têtes des vignerons des Corbières : « Je croyais qu’on ne revivrait plus jamais cela en France, que c’était la der des ders », témoigne, horrifié, Olivier Verdale, producteur à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse et pompier volontaire durant de nombreuses années dont le village a été encerclé par le brasier ultraviolent. Au total, « les » feux – car trois autres s’étaient déclarés avant le cataclysme de Ribaute – ont détruit 1 000 hectares de vignes sur pied sur les quelque 8 000 que compte la quatrième appellation française. « Habituellement, les vignes ne brûlent pas et servent même de pare-feu », explique Olivier Verdale. En condition normale, un incendie se contente de lécher les bordures, ne trouvant pas un combustible très inflammable dans cette liane rustique et sur des sols dégagés. Mais, en 2025, le feu a rencontré des ceps déshydratés par plusieurs années de sécheresse – moins de 200 mm de pluie –, devenus des proies pour le feu.
Repartir d’une page blanche
Le désastre a modifié le paysage, laissant des collines cendrées hérissées d’allumettes noircies, vestiges de pins calcinés et des vignes clairsemées, même si les abondantes précipitations de l’hiver, une manne de 1 000 mm, ont permis aux survivantes de reverdir au-delà de tous les espoirs.
