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Gaillac résiste au climat : ces vieux cépages peuvent-ils sauver le vin ?

Gaillac résiste au climat : ces vieux cépages peuvent-ils sauver le vin ?

Dans la vallée du Tarn, Gaillac, c’est le coq gaulois, le gallinacé, étymologiquement parlant, mais aussi la fierté d’un vignoble occitan fondé à l’époque gallo-romaine résistant à l’envahisseur avec ses cépages autochtones qui deviennent la meilleure défense contre le stress climatique et la mondialisation des goûts.

Léa Delpont

L’appellation de 5 000 hectares, AOC depuis 1938 pour les blancs et 1970 pour les rouges, n’a jamais complètement succombé aux cépages internationaux déployés après la guerre sur ses généreux coteaux plus argileux que calcaires. Sauvignon, muscadelle, merlot, cabernet, syrah et gamay ont toujours dû composer dans ce paysage bocager truffé de haies et de bosquets, avec les cépages du cru, mauzac, loin de l'œil, ou braucol. 

Les vieux ont-ils un avenir ? 

La famille Plageoles a contribué depuis les années 1970, sur trois générations, à réhabiliter une poignée d’autres cépages qui avaient, eux, quasiment disparu : le duras, le prunelart et l’ondenc. Ces variétés sauvées par Marcel, documentées par Robert (auteur de trois ouvrages) et largement plantées par Bernard depuis 1983, ont progressivement regagné du terrain avant de retrouver, avec les trois premières, leur statut de cépages principaux. Le cahier des charges de l’appellation, réformé en 2017 et en 2025, les impose à 70 % dans les assemblages, reléguant les internationaux au rang de secondaires – avec des exceptions dans une gamme de sept vins : blancs sec, moelleux, vendanges tardives, mousseux, rosés, rouges et primeurs.  

Parmi les six cépages de Gaillac, deux sont partagés – le mauzac avec Limoux et le braucol ou fer servadou avec Marcillac dans l’Aveyron – et quatre sont uniques en France : le loin de l’œil, enfant du pays depuis cinq cents ans ; l'ondenc, donné perdu tout au long du XXᵉ siècle, réfugié ici après avoir disparu de Bordeaux et de Cognac ; le duras apparenté au savagnin, et le prunelart, ancêtre du malbec et cousin de la négrette de Fronton. Mais le combat de l’identité qui a forgé Gaillac se heurte de plein fouet au changement climatique. Ces vieux cépages ont-ils un avenir ? Ils ont résisté à la « mondialisation », mais seront-ils résistants aux fléaux du XXIᵉ siècle, la sécheresse, les canicules et les maladies cryptogamiques ?
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