Christophe Pelé ouvre son restaurant Le Nautilus au bout de la Bretagne
Après trente-cinq ans passés à Paris et son départ remarqué du Clarence, Christophe Pelé s’installe dans le Finistère pour ouvrir Le Nautilus. Une adresse de 35 couverts pensée comme un gastro pub breton.
On s’est longtemps demandé où était passé Christophe Pelé... Depuis son départ du mythique Le Clarence, avenue Franklin Roosevelt à Paris, le chef s’était fait discret. C’est finalement au bord de l’Atlantique qu’il refait aujourd’hui surface. Direction Penmarc’h, dans le Finistère sud, où le cuisinier s’apprête à ouvrir Le Nautilus, une table face à la mer pensée comme un nouveau départ.
Un gastro-pub face à la mer
“Je travaillais encore au Clarence quand Laurent Daniel, mon mareyeur du Guilvinec, m’a parlé de cette opportunité. J’avais déjà envie d’autres horizons, c’était la bonne occasion”, résume-t-il. Après trente-cinq années passées à Paris, l’envie de rupture s’était imposée naturellement. “Il n’y avait plus grand-chose qui m’excitait réellement là-bas. J’avais envie de faire autre chose.” Le décor breton a fini de le convaincre. À quelques mètres des embruns, le bâtiment en pierre de 1880 regarde l’océan. Une bâtisse encore en pleine mutation, avec ses lambris neufs, sa cuisine ouverte sur la salle et cette volonté assumée de créer du lien entre les clients et les fourneaux. Cet hiver, d’autres travaux sont déjà envisagés : faire réapparaître les pierres et les poutres cachées derrière le placo, peut-être installer un poêle pour accentuer l’esprit refuge marin.
Surtout, Christophe Pelé change radicalement d’échelle. Fini les grandes brigades parisiennes : “Au Clarence, on était une quinzaine en cuisine. Là, on va être trois. Il y aura beaucoup plus de raccourcis, mais il va falloir faire bon avec des produits d’exception.” Parmi eux, les arrivages quotidiens de son complice mareyeur, désormais associé dans l’aventure. Le chef parle déjà de son futur restaurant comme d’un “gastro pub”. Une formule hybride qui lui ressemble : exigeante dans l’assiette, mais débarrassée des lourdeurs du gastronomique traditionnel. “L’idée, c’est de bien faire à manger mais aussi de mettre l’offre liquide en avant, tout en essayant au maximum de maintenir des prix corrects : 30-35 euros le menu le midi, autour de 50 euros le soir.” Avec seulement 35 couverts et une terrasse face à la mer, Le Nautilus entend jouer la carte de l’adresse chaleureuse plus que celle du temple gastronomique. Une petite carte apéritive pourrait même voir le jour pour les fins de journée iodées. “Je veux surtout que les gens aient envie de revenir”, soutient-il.
Dans cette nouvelle aventure, quelques anciens du Clarence ont d’ailleurs choisi de le suivre jusqu’au bout du Finistère. Preuve que le magnétisme du chef reste intact, même à plusieurs centaines de kilomètres des beaux quartiers parisiens. L’ouverture, volontairement confidentielle, est prévue entre fin mai et début juin.
▶Où ? Le Nautilus, 87 quai du Général de Gaulle, 29760 Penmarc’h