Logo Gault&Millau

CONTACT

37-39 rue Boissière
75016 Paris
France

Appeler : 01 41 40 99 80

GaultMillau © 2026 Tous droits réservés

Charlotte et Arnaud Gronfier, l’art du cidre bio au cœur du Bocage Gâtinais

Charlotte et Arnaud Gronfier, l’art du cidre bio au cœur du Bocage Gâtinais

Aux confins du sud de la Seine-et-Marne, Charlotte et Arnaud Gronfier entretiennent autre chose que le patrimoine fromager du département. Ils produisent un cidre bio de la façon la plus artisanale possible.

Bérangère Chanel

Petite jaune, judor, judeline, kermérrien… Les variétés de pommes à cidre sont les mêmes qu’en Bretagne ou en Normandie, mais à la Ferme de l’Abondance, elles n’ont pas la même saveur. Parce qu’elles sont cultivées ici, à Vaux-sur-Lunain, dans la région agricole du Bocage Gâtinais. Beaucoup de silex, mais peu de terre…. Chez Charlotte et Arnaud Gronfier, les vergers poussent sur un sol très caillouteux. Et les pommiers les plus anciens ne bénéficient d’aucun système d’irrigation. « Nos pommes sont ainsi très concentrées en saveurs » lance Charlotte, ancienne employée dans l’événementiel, reconvertie dans l’agriculture aux côtés de son époux, précédemment céréalier à Melun.

Le renouveau de l'exploitation cidrière

Depuis 2016, le couple écrit une nouvelle page de l’histoire de cette exploitation de 130 hectares qui fait office d’exemple localement. Elle est conduite en bio depuis 1983 ! « Son propriétaire précédent, Henri, était un précurseur en matière d’agriculture et les voisins le prenaient pour un extraterrestre » raconte la cidricultrice. Les Gronfier ont à cœur de poursuivre cet engagement. Pour leur cidre, ils ne ramassent que les pommes tombées par terre à l’automne. Et tous les fruits fermentent ensemble dans la même cuve. « Résultat : le profil aromatique de nos boissons varie au fil de la saison puisque toutes les variétés ne mûrissent pas au même moment » explique Charlotte, qui assure ne jamais acheter de fruits supplémentaires quand il n’y en a pas assez. D’ailleurs, les Gronfier ont dû accepter certaines années de ne pas sortir de bouteilles faute de liquide en quantité suffisante. « On s’adapte à ce que nous donne la nature. On veut rester autonomes, c’est pour le goût de nos pommes que nos clients achètent nos cidres » martèle-t-elle.

Cela dit, c’est une situation qui n’arrive plus vraiment : la surface des vergers a été doublée depuis la reprise pour consacrer sept hectares aux pommiers, toutes variétés confondues. La promesse n’en reste pas moins artisanale, depuis le ramassage des fruits jusqu’à la pose des capsules en passant par la prise de mousse, naturelle bien sûr. Rien n’est mécanisé, si ce n’est le remplissage des quilles du précieux nectar qui titre à 6,5° pour le brut. Et au printemps, un troupeau d’une trentaine de brebis s’occupe de nettoyer le pied des pommiers.

Cidriers Pommes © Dr
© DR

Autant de façons d’assurer la saveur du cidre fermier des Gronfier tout aussi rustique que sont leurs vaches de race Aubrac élevées à côté des pommiers. Et pour ceux qui préféreraient un cidre moins dépouillé, Charlotte et Arnaud préparent un demi-sec, dont la recette est arrivée tout à fait par hasard. « C’était un accident ! Notre cidre est reparti en fermentation et il s’est finalement révélé comme un parfait compromis entre le brut et le doux ». À déguster en vente directe à la ferme, à 4,90 € la bouteille.

Ferme de l’Abondance

Cet article est extrait du guide Paris Ile-de-France 2026. Celui-ci est disponible en librairie et sur le e-shop Gault&Millau.
Devenez Partenaires