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48h sur la route du lin au pays de Caux

Normandie/2026

48h sur la route du lin au pays de Caux

Le pays de Caux, cher à Maupassant, est un inépuisable réservoir à balades touristiques. Ses falaises crayeuses, ses vallées sinueuses, ses prairies et ses pommiers, ainsi que sa longue histoire ont façonné un paysage typique, enrichi au fil des siècles par la production linière.

La Normandie est aujourd’hui la première région productrice de lin au monde, avec 63 % de la production nationale et plus de 50 % de la production mondiale en fibre longue. Au premier plan, ce pays de Caux qui s’étend des portes de Rouen jusqu’à la mer et où les printemps fleurissent en bleu tout au long du parcours. À perte de vue, autour des boucles de la Seine et jusqu’à la région dieppoise, les champs de lin, grâce à des sols et un climat favorables, donnent cette plante magique que l’on utilise dans l’industrie textile aussi bien que dans l’alimentaire, notamment pour la farine.  

Cette promenade du lin est aussi l’occasion de retrouver des sites historiques et architecturaux. Il suffit de suivre la Seine et de se laisser guider : première étape à Jumièges, dont la magnifique abbaye fut décrite par Mérimée comme « les plus belles ruines de France ». Au-delà des vestiges – arches et voûtes –, ce sont la sérénité ambiante et la qualité de la lumière qui sont ici les plus saisissantes. Autour de Jumièges, en bordure du fleuve vers Le Mesnil-sous-Jumièges, les vergers approvisionnent les marchés régionaux en pommes, poires et fruits rouges selon les saisons. L’abbaye Saint-Wandrille, désormais rattachée à la commune nouvelle de Rives-en-Seine, époustoufle aussi par sa beauté, son environnement (si vous le pouvez, empruntez la très belle route depuis Bouville, à travers les plaines et les bois) et, en petit plus, les admirables chants grégoriens que les moines entonnent à la messe du matin et aux vêpres de 17 h 30.  

De là, on rejoint naturellement Caudebec-en-Caux, en passant sous le pont de Brotonne à la silhouette élancée, un ouvrage à haubans inauguré en 1977 qui enjambe la Seine. Ce beau village typique fut une grande place gastronomique du temps de Maurice Lalonde, et du fameux et bicentenaire hôtel de la Marine, où passèrent tous les grands chefs normands. En aval, Villequier, au creux d’un méandre de la Seine, se souvient du tragique épisode de la noyade de Léopoldine Hugo – fille aînée de Victor – et de son mari Charles Vacquerie en 1843, une mémoire que le célèbre auteur honora dans de nombreux poèmes, dont Demain, dès l’aube… 

On se rend ensuite à Yvetot, gros bourg qui passe aujourd’hui pour la capitale du pays de Caux. La légende raconte qu’il y eut ici un royaume, popularisé par une chanson de Béranger au XIXe siècle, Le Roi d’Yvetot. La ville a été incendiée et pratiquement détruite lors de la Seconde Guerre mondiale, d’où son architecture moderne, son plan carré et ses larges artères au centre-ville dominé par l’impressionnante église Saint-Pierre, construction contemporaine circulaire à la verrière de plus de 1000 m2 signée Max Ingrand, et à la tour campanile de 44 m de hauteur. On termine par Doudeville, surnommée la « capitale du lin » pour son activité linière historique depuis le XVIIIe siècle. La Fête du lin y a lieu chaque année au mois de juin.

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