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48 heures à Verdun

Grand Est/2026

48 heures à Verdun

La ville est animée, les enfants jouent, on entend des rires et des cris. La Meuse est bien jolie, que l’on suit sur ses quais, avec ses terrasses, ses bars et petits restaurants. Si Verdun résonne de son histoire, elle a bien d’autres arguments qui valent la balade.

Cette sous-préfecture de 17 000 habitants est à plus d’un titre présente dans les livres d’histoire. Et pour cause, Verdun a donné son nom au traité ayant partagé en 843 l’Empire de Charlemagne entre ses trois petits-fils, un événement marquant la fin de l’unité carolingienne et le début des royaumes de France et d’Allemagne. Plus tard, en 1648, les traités de Westphalie signent l’intégration au royaume de France des Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun), jusqu’alors rattachés au Saint-Empire romain germanique. Et puis Verdun, pour les grands-parents des plus anciens et les arrière-arrière-grands-parents des générations d’aujourd’hui, c’est la plus grande bataille de la Première Guerre mondiale, en 1916.  

Un siècle et dix ans sont passés. Les générations se sont succédé, le souvenir s’est estompé, les récits de famille sont devenus plus rares. Verdun est dans l’histoire de France comme Wagram ou Marignan. Seule la force de la mémoire collective, des monuments et des évocations, matérielles ou médiatiques, donne la mesure de ce que furent parmi les plus effroyables combats de l’Histoire. 700 000 victimes en dix mois, plus de 300 000 morts, à peu près à parts égales dans les deux camps.  

S’il est difficile d’imaginer le déluge permanent d’obus tombés sur ces plaines aujourd’hui paisibles tout autour de la ville, les édifices savent faire parler les morts. Que l’on soit pacifiste, engagé, militaire ou militant, simple touriste ou juste un être humain, la visite de Douaumont, au nord de la ville, ne peut être qu’un choc. Le froid et l’effroi qui vous saisissent dans l’immense crypte sombre aux 16 000 tombes, sachant que le site de l’Ossuaire recense environ 130 000 victimes, sont des sensations que vous ne chasserez plus de votre mémoire. Pour compléter la charge émotionnelle, il y a encore le Mémorial de Verdun, à Fleury-devant-Douaumont, et la Citadelle souterraine de Verdun, à l’entrée de la ville, dont les galeries abritèrent des milliers de poilus, un hôpital et le poste de commandement.  

En 2026, Verdun a d’autres arguments valant la balade. La dragée de Verdun, une amande enrobée, est une spécialité remontant au XIIIe siècle, et l’on n’oublie pas que la ville appartient historiquement à la Lorraine, terre hautement gastronomique où l’on fait la quiche, les biscuits, les madeleines, la tourte et le pâté lorrain. Les mirabelliers fournissent une eau-de-vie très réputée et, dès la fin de l’été, on se régale chez les pâtissiers verdunois de tartes aux mirabelles. Les produits du terroir se retrouvent aussi sous les halles couvertes chaque vendredi, où se tient le grand marché de la ville. 

De l’automne au milieu de l’hiver, on cherche la précieuse truffe de Meuse qui parfume les terrines, les volailles et les gibiers, et on l’accompagne de vin de Meuse de l’IGP côtes-de-meuse, dont le vignoble s’étend le long de la vallée. La visite de quelques domaines vous permettra aussi de voir la belle campagne environnante, en entrant dans le parc naturel régional de Lorraine, notamment jusqu’au joli site du lac de Madine à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Verdun.

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