Cette maison bien connue des Bordelais et pourtant à l'écart de l'hyper-centre, continue à nous ravir, par sa cuisine graphique qui révèle une véritable personnalité. Victor Ostronzec développe un langage culinaire cohérent : cabillaud confit au kiwi et gingembre, asperges de Blaye à la rhubarbe acidulée, morilles farcies au tamarin. L'exécution technique demeure irréprochable, particulièrement sur le thon rouge traité comme un steak au poivre, véritable coup de maître du repas. Le service orchestré avec précision accompagne naturellement ce menu en sept services. L'intention poétique du chef s'exprime par la mise en valeur des produits locaux et saisonniers, créant des associations inattendues mais justifiées techniquement. La carte des vins structure intelligemment les accords et privilégie la pertinence à l'exhaustivité, reflétant les grandes régions françaises avec justesse. Le parcours dessert confirme la maîtrise technique : le chocolat Guayaquil, brut et profond, révèle un vrai goût de cacao avec un praliné amande équilibré.