La table d’Harry Cummins et Laura Vidal est indéniablement la star du quartier Noailles, même cachée derrière cette façade anodine et des échafaudages. De ces rues populaires de Marseille, on arrive dans un monde international et branché, où l’on passe de la musique indé, où l’on parle anglais comme français, où la cave voyage hors des frontières, où les assiettes ont eu le temps d’ingurgiter toutes les influences du chef, d’Amérique du Nord aux rives de la Méditerranée. C’est une image positive et engageante de la cuisine contemporaine, moins ancrée dans son terroir tout en étant profondément généreuse, sachant utiliser la technique comme un prétexte pour des expériences toujours plus réussies. C’est un petit bijou d’huître Gillardeau au kiwi de Provence, jalapeños et verjus, une entrée d’aile de raie et pommes de terre, anchois, câpres, céleri et échalote, comme une version moderne du hareng pomme à l’huile, puis des délicieuses pâtes à la poutargue au bol, fenouil et pangrattato, d’une mantecatura remarquable. Le carré de porc est parfaitement cuit, grillé sur la peau, avec des choux de Bruxelles fondants, céleri rave, praliné, un jus de viande exemplaire. On termine sur un paris-brest revisité, praliné pécan et purée de poire, d’une inspiration légèrement anglo-saxonne. Ainsi la Mercerie fait une démonstration de bistronomie, des produits du marché dans des assiettes de grande précision, et d’une vraie recherche. Le verre est tout aussi bien rempli, des références en bio et nature, sakés, vins oxydatifs, comme ce délicieux chardonnay du domaine Labet. Service très aimable.