La trattoria "à l'italienne", portée par Florencia Montes et Lorenzo Ragni, du restaurant Onice, déjà bien installés dans le paysage gastronomique niçois, affiche d'emblée ses ambitions, au cœur du quartier du port : proposer une immersion transalpine totale. L'adresse ne passe pas inaperçue, entre façade inspirée des "casitas" sud-américaines et salle immaculée aux accents de Cinecittà, où lustre imposant, marbre de Carrare et cave verticale composent un décor millimétré, peut-être trop pour l'esprit originel d'une trattoria, censée rester un lieu vivant et populaire. Dès l'accueil, le ton est donné, service précis, rythmé, presque chorégraphié. Du maître d'hôtel aux chefs de rang, la brigade est professionnelle, attentive, à l'écoute. Le passage au comptoir, permet de découvrir une carte des vins particulièrement ambitieuse, largement tournée vers l'Italie, avec une sélection riche et cohérente, appuyée par des conseils avisés. Mention spéciale au barman, dont la maîtrise et la justesse participent pleinement à l'expérience. Sur le papier, la cuisine fait saliver, grands classiques italiens, produits sourcés avec soin, promesse d'un voyage entre Piémont, Toscane et Campanie. Le vitello tonnato ouvre le bal avec justesse et finesse, incarnant ce que l'on attend d'une telle maison, mais les pâtes "al burro", comme l'osso buco, trop cuit et donc un peu sec, déçoivent. Le tiramisu, censé conclure sur une note réconfortante, n'inverse pas la tendance, laissant une impression d'ensemble mitigée, que le temps devrait améliorer.