On y entre l'esprit ouvert, curieux de mesurer la promesse d'une gastronomie franco-chinoise contemporaine, que l'on découvre à travers un menu dégustation à 58 € ou quelques assiettes choisies à la carte. L'espace, élégant sans ostentation, marie urbanité parisienne et touches de folklore asiatique discret. L'accueil nécessite quelques minutes d'ajustement (surprenant dans une salle entièrement ouverte) mais le service révèle rapidement une équipe investie et chaleureuse. La présence du directeur de salle, également copropriétaire, apporte une dimension plus professionnelle : sa maîtrise des produits et des accords metset vins donne de l'épaisseur à l'expérience. En cuisine, le porc laqué au cognac illustre avec justesse le dialogue entre terroir français et technique chinoise, tandis que le mapo tofu conserve sa profondeur aromatique sans céder à la caricature pimentée. La sériole, les aubergines, les légumes ponctués de baies de goji traduisent une recherche constante d'équilibre entre fraîcheur, texture et lisibilité. Rien de démonstratif, mais une précision régulière. La présentation reste sobre, parfois au détriment d'un certain éclat visuel. La vaisselle dépareillée (et plus regrettable encore, une assiette ébréchée) crée un léger décalage avec l'ambition gastronomique revendiquée. La carte des vins confirme une belle personnalité : Jura pointu, Savoie engagée, Loire exigeante, Bourgogne sérieuse, Bordeaux patrimonial aux millésimes anciens. L'offre structurée de sakés et de baijiu renforce cette singularité et nourrit le dialogue culturel. Le baba au Chichipanpan vient clore le repas sur une note chaleureuse et malicieusement identitaire.