Dans un hôtel particulier bordelais d'une prestance rare, Quanjude s'impose comme l'une des adresses les plus surprenantes de la capitale girondine. La façade classique dissimule un intérieur saisissant où boiseries céladon, lustres en cristal et lanternes rouges cohabitent avec une harmonie désarmante. Dès les premières bouchées, le ton est donné : une cuisine précise, identitaire, qui ne sacrifie rien à la facilité. Le saumon LiangPi déploie une légèreté aérienne, les crevettes Kung Pao arrivent dans une assiette digne d'une estampe, et le canard laqué de Pékin, découpé en salle par le chef lui-même, constitue un moment de grâce pure que l'on n'oublie pas de sitôt. La carte des vins, convoquant Romanée-Conti, Petrus et Leroy aux côtés de vins franco-chinois, est à elle seule un événement. Un repas à 68 € le midi pour une telle expérience : Quanjude est une évidence bordelaise.