Marmar au port, c'est l'histoire d'une rencontre professionnelle (réussie) entre un chef et un directeur de salle au sein d'une table réputée du Vieux-Nice. C'est aussi celle d'un lien profond avec l'Italie, l'un venant des Pouilles, l'autre du lac de Côme. Enfin, c'est l'expression d'une volonté et d'une vision communes : faire et servir une cuisine du moment. Pas de chambre froide, pas de stockage à long terme ; on cuisine ce que l'on achète, on achète ce que l'on cuisine, et basta così. Le chef Claudio Marsico et son alter ego en salle, Jacopo Marini (prenez les trois premières lettres de leurs noms et vous aurez un indice sur celui du restaurant…), distillent une cuisine qui fait mouche. Des artichauts frits, légèrement étuvés au préalable pour les conserver moelleux, nappés d'un ketchup de carottes, au risotto, (parfait), à la bisque issue d'une réduction de carcasses de langoustines, celles-ci à peine snackées, jusqu'au tiramisu façon mille-feuille croustillant, la partition est sans faille. Ajoutons que la cave, à l'image de la cuisine, évolue au gré des découvertes, entre vins vivants d'ici et d'ailleurs. L'addition, pour un voyage complet, frôle la soixantaine d'euros, mais l'expérience laisse une impression durable.