Chacun espère à Bandol que cette fois sera la bonne. Car cet hôtel fait partie des lieux chics de la ville et depuis longtemps, méritant une table de haut niveau. De nombreux chefs se sont exprimés ici, sans toujours convaincre, et l'on veut bien croire que Martin Féragus, aujourd'hui à la barre, va donner l'élan nécessaire à cette institution où les lourdeurs n'ont pas totalement disparu. Le chef bien formé (auprès de Marx et Briffard notamment), maîtrise globalement son sujet, proposant des formules étagées selon le nombre de plats, dans cette salle élégante dominant l'anse de Renécros. La carte est large et normalement coûteuse, sans exagérer dans le produit de luxe. Le foie gras côtoie la sardine avec bonheur, le maigre est en marinière de coquillages et safran avec la butternut, le pigeonneau Miéral s'accompagne de blettes en bonbon et farce aux abatis. Desserts bien imaginés par Fleur Féragus, dont le chocolat de Nicolas Berger mandarine et tagète. Cave étendue, avec une bonne sélection en bandol, à tarifs logiquement élevés.